Ce que dit cette vidéo
Greg Tabibian, sur la chaîne J’suis pas content TV, consacre cette émission du 15 septembre 2026 aux nominations présidentielles effectuées dans les derniers mois d’un mandat. La vidéo examine comment un chef de l’État sortant peut placer des proches à des postes stratégiques dont les mandats excèdent largement la durée d’un quinquennat, limitant ainsi les marges de manœuvre de son successeur.
Les institutions visées et leurs pouvoirs respectifs
La vidéo passe en revue plusieurs institutions dont les dirigeants sont nommés par le président de la République. Le Conseil constitutionnel, avec ses mandats de neuf ans non renouvelables, le gouverneur de la Banque de France qui siège au conseil des gouverneurs de la BCE, le premier président de la Cour des comptes dont les rapports orientent le débat budgétaire, le vice-président du Conseil d’État qui cumule conseil juridique du gouvernement et juridiction administrative suprême. S’y ajoute l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), créée au 1er janvier 2025 par fusion de l’ASN et de l’IRSN.
L’impossibilité pratique de contester ces nominations
Greg Tabibian souligne l’obstacle juridique que constitue le défaut d’intérêt à agir. Le droit administratif français exige qu’un requérant démontre une atteinte directe et personnelle à sa situation pour attaquer un acte devant le Conseil d’État. Une association anticorruption ou un simple citoyen ne remplit pas ce critère face à une nomination présidentielle. La vidéo évoque également les recasages d’anciens ministres ou élus battus vers des postes d’ambassadeurs thématiques ou de présidents d’offices publics.
Comparaison avec les précédents historiques
L’émission replace ces pratiques dans une perspective historique. François Mitterrand avait théorisé les charrettes de combat avant la cohabitation de 1986, Nicolas Sarkozy avait procédé à des mouvements préfectoraux massifs avant mai 2012. Greg Tabibian estime toutefois que l’ampleur et la diversité des nominations actuelles, touchant simultanément le judiciaire, le financier, l’énergétique et l’administratif, constituent un phénomène d’une nature différente par son caractère systématique.
L’avis du Souv
La vidéo fournit une cartographie utile des postes stratégiques et de leurs modes de nomination. Elle pose une question institutionnelle légitime sur la continuité du pouvoir au-delà des alternances électorales, même si le propos gagnerait à distinguer plus nettement les nominations légales des pratiques contestables.
Un inventaire institutionnel pédagogique
Le passage en revue des différentes institutions et de leurs prérogatives constitue un exercice de vulgarisation appréciable. Peu de citoyens connaissent le rôle exact du vice-président du Conseil d’État ou les pouvoirs concrets du gouverneur de la Banque de France. Cette dimension explicative rend la vidéo exploitable indépendamment de toute lecture partisane.
Une frontière parfois floue entre légalité et abus
La Constitution et les lois organiques prévoient explicitement ces nominations présidentielles. La vidéo tend à présenter comme anomalie ce qui relève du fonctionnement institutionnel ordinaire. La critique porte davantage sur l’usage intensif d’une prérogative que sur son existence même, distinction que le propos ne formule pas toujours clairement.
