Publiée sur Tocsin+ le (durée 36 min)

Ce que dit cette vidéo

La chaîne Tocsin+ publie une enquête sur les rapports entre dirigeants français et puissances étrangères, principalement les États-Unis. La vidéo s’appuie sur des câbles diplomatiques révélés par Wikileaks et des archives historiques pour documenter des pratiques allant de Mitterrand en 1964 à Hollande en 2015, en passant par Sarkozy en 2005.

De Mitterrand à Sarkozy : des visites à Washington pour rassurer l’allié américain

La vidéo rappelle qu’en 1964, François Mitterrand s’est rendu à Washington pour rencontrer le président Johnson et lui promettre, en cas de victoire, de revenir sur le retrait français du commandement intégré de l’OTAN engagé par de Gaulle. En 2005, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, a sollicité une audience auprès du nouvel ambassadeur américain pour annoncer sa candidature présidentielle, critiquer la politique du gouvernement Villepin et promettre la réintégration dans l’OTAN. Ces faits sont documentés par une dépêche diplomatique publiée par Wikileaks et Le Monde en 2010.

Hollande informé des écoutes américaines : aucune protestation officielle

Tocsin+ souligne que François Hollande, informé par Wikileaks que les services américains l’avaient placé sur écoute, n’a engagé aucune protestation diplomatique formelle. La vidéo relève que dans le même temps, l’Élysée a refusé d’accorder l’asile politique à Julian Assange, fondateur de Wikileaks, qui venait précisément de révéler ces écoutes. Le paradoxe est posé sans que la vidéo prétende connaître les motivations exactes de ce refus.

L’arsenal juridique existant contre l’ingérence

La vidéo interroge la nécessité de nouvelles lois anti-ingérence en rappelant le droit en vigueur. L’article 411-4 du code pénal punit l’intelligence avec une puissance étrangère de peines pouvant atteindre trente ans de réclusion. L’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse réprime la diffusion de fausses nouvelles de mauvaise foi. Tocsin+ pose la question de l’utilité réelle des nouveaux dispositifs législatifs annoncés face à cet arsenal existant.

L’avis du Souv

La rédaction retient la mise en perspective historique qui montre la récurrence de ces pratiques sur soixante ans, au-delà des clivages partisans. Le recours aux sources primaires, câbles Wikileaks et archives, donne à l’ensemble une assise documentaire solide.

Une documentation solide, des interprétations à nuancer

Les câbles diplomatiques cités sont authentiques et vérifiables. La vidéo a le mérite de ne pas transformer des faits documentés en procès d’intention. En revanche, l’absence de réaction officielle de Hollande aux écoutes mériterait d’être mise en regard des contraintes diplomatiques du moment, que la vidéo n’explore pas. De même, la comparaison entre Mitterrand 1964 et Sarkozy 2005 gagnerait à préciser les contextes institutionnels différents.

Sur le droit existant : une question légitime, une réponse incomplète

Rappeler l’existence des articles 411-4 du code pénal et 27 de la loi de 1881 est utile. Mais la vidéo ne dit pas pourquoi ces textes sont rarement appliqués aux situations qu’elle décrit, ni si les nouveaux dispositifs visent des cas de figure différents. La question posée reste ouverte.

Ce que nous en avons tiré

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