Charles Loyseau est l’un des juristes qui ont donné à la France sa doctrine de la souveraineté. Moins connu que Jean Bodin, il en est le prolongement rigoureux : là où Bodin définit la souveraineté comme puissance absolue et perpétuelle, Loyseau établit qu’elle n’est pas un attribut de l’État parmi d’autres mais ce qui le fait exister.

Né à Paris en 1564, avocat au Parlement de Paris, il exerce ensuite comme bailli de Châteaudun puis comme lieutenant particulier au bailliage de Sens, avant de revenir plaider à Paris. Sa carrière se déroule dans la France d’après les guerres de Religion, celle qui reconstruit l’autorité royale sur des bases juridiques nouvelles.

Son œuvre principale, le Traité des seigneuries de 1608, et le Traité des ordres de 1610, décrivent l’organisation du royaume avec une précision qui en fait encore aujourd’hui une source de premier ordre pour les historiens de l’Ancien Régime. Sa formule sur la souveraineté comme forme de l’État est l’une des plus économiques jamais écrites en français : un État qui a cédé sa souveraineté n’est pas un État diminué, il a cessé d’en être un.

Il meurt en 1627. Son intérêt pour Le Souv est celui d’un point d’origine : les débats contemporains sur les transferts de compétences se mènent avec un vocabulaire forgé au début du XVIIe siècle, et il vaut mieux savoir ce que les mots voulaient dire quand on les a écrits.

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