Léon Gambetta est l’homme qui proclame la République le 4 septembre 1870, deux jours après Sedan, et qui refuse ensuite de la laisser mourir avec l’armée impériale. Ministre de l’Intérieur du gouvernement de la Défense nationale, il quitte Paris assiégé en ballon le 7 octobre 1870 pour organiser depuis Tours la levée des armées de province.

Né à Cahors en 1838, fils d’un épicier d’origine génoise, il devient avocat et se fait un nom sous l’Empire en plaidant l’affaire Baudin en 1868, où il transforme la défense en réquisitoire contre le coup d’État de 1851. Élu député en 1869, il répond au cahier de ses électeurs par un texte où il pose qu’il n’y a d’autre souverain que le peuple, à condition que le suffrage soit réellement libre.

Après la guerre, il est l’un des fondateurs pratiques de la Troisième République, celui qui convainc les républicains d’accepter les institutions de 1875 pour mieux les conquérir. Président de la Chambre des députés de 1879 à 1881, puis président du Conseil pendant deux mois et demi seulement, il meurt à quarante-quatre ans, fin 1882.

Son intérêt pour Le Souv tient à la conjonction rare qu’il incarne : la souveraineté populaire affirmée comme principe, et la défense nationale organisée dans les faits, au moment où le pays est envahi. Point de désaccord assumé : il fut aussi un partisan actif de l’expansion coloniale.

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