Louis Antoine de Saint-Just est le théoricien des institutions de la Révolution et l’une de ses figures les plus dures. À vingt-cinq ans, il est le plus jeune député de la Convention. À vingt-six, il siège au Comité de salut public. À vingt-sept, il est guillotiné.

Né à Decize en 1767, élevé en Picardie, il publie très jeune un Esprit de la Révolution avant d’être élu de l’Aisne à la Convention en 1792. Envoyé en mission aux armées du Rhin et du Nord, il y gagne une réputation d’efficacité implacable. Il tombe avec Robespierre le 9 thermidor an II et est exécuté le lendemain.

Ce que Le Souv retient de lui n’est ni la Terreur ni le personnage, mais un texte inachevé : les Fragments sur les institutions républicaines, rédigés dans ses derniers mois et publiés en 1800. Il y développe une idée qui dépasse largement son époque : les institutions protegent le peuple contre la corruption du pouvoir autant qu’elles protègent le pouvoir contre la corruption des mœurs. Un régime ne tient pas par la vertu de ses dirigeants, il tient par ses institutions.

La part sombre est massive et ne se négocie pas : Saint-Just a organisé et justifié la Terreur, rédigé les rapports qui ont envoyé des adversaires à la mort, et défendu la loi de prairial. Le lire suppose de distinguer strictement le théoricien des institutions de l’homme du Comité.

Cette biographie vous a-t-elle été utile ?

Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)

Signaler une erreur

Merci, c’est noté.