À l’automne 1964, le général de Gaulle entreprend un voyage d’un mois à travers l’Amérique du Sud. Mexique, Colombie, Venezuela, Équateur, Pérou, Brésil : des dizaines de millions de Latino-Américains se pressent pour acclamer le président français. Cet épisode spectaculaire, aujourd’hui largement effacé de la mémoire collective, illustre pourtant un moment où la France souveraine parvient à fédérer un soutien mondial bien au-delà du bloc occidental dominé par Washington.

Qu’est-ce que la tournée de De Gaulle en Amérique latine en 1964 ?

À l’automne 1964, Charles de Gaulle effectue un périple d’un mois dans six pays d’Amérique latine. Partout, des foules immenses l’acclament : au Mexique en mars, puis en septembre au Venezuela, en Équateur, au Pérou, en Colombie et au Brésil. Cette tournée spectaculaire illustre la capacité d’une France indépendante des États-Unis à incarner un espoir pour les peuples refusant l’alignement sur Washington.

Une réponse à l’encerclement atlantiste

Ce voyage s’inscrit dans un contexte géopolitique précis. En 1963, le Bundestag allemand a vidé de sa substance le traité de l’Élysée en adoptant un préambule interprétatif qui subordonne l’Europe à l’OTAN et aux États-Unis. Comme le rappelle l’invité, ce texte insiste sur « tous les éléments que de Gaulle avait justement exclus du traité : la subordination de la construction européenne à l’intégration militaire atlantique, la coopération avec les États-Unis et la Grande-Bretagne ».

Face à ce qu’il perçoit comme un encerclement, le général décide d’appliquer une stratégie séculaire. L’invité établit un parallèle direct avec François Ier qui, pris en tenaille par l’empire de Charles Quint au XVIe siècle, n’hésita pas à s’allier avec les princes protestants allemands et avec le sultan ottoman Soliman le Magnifique. Transposée en 1964, cette logique conduit de Gaulle à chercher des appuis là où Washington ne les attend pas : l’Amérique latine, l’URSS et la Chine populaire.

Un mois de liesse populaire

L’invité décrit des scènes saisissantes. À Mexico, la une de Paris Match du 28 mars 1964 témoigne d’un « accueil inouï ». Le 23 septembre à Caracas, des millions de Vénézuéliens jettent des feuilles de bottin par les fenêtres sur le passage du cortège. À Quito, à Bogota, à Rio de Janeiro, la même ferveur se répète. Ces images, consultables sur le site de l’Institut national de l’audiovisuel, montrent des avenues noires de monde.

Des dizaines de millions de Latino-Américains acclament la voix d’une France souveraine et indépendante de tout bloc.

Union Populaire Républicaine

Cette popularité ne doit rien au hasard. Les pays latino-américains, rappelle l’invité, sont structurellement « debout contre l’impérialisme yankee ». Voir le président français défier ouvertement Washington en reconnaissant la Chine de Mao dès janvier 1964, en réclamant la convertibilité en or du dollar en 1965, puis en se retirant du commandement intégré de l’OTAN en 1966, suscite un écho considérable auprès de peuples qui aspirent à une alternative à la tutelle américaine.

Une leçon pour aujourd’hui

L’épisode éclaire la vision gaullienne des relations internationales. Quand son ministre Alain Peyrefitte s’inquiète que la France ne soit « plus rien sans l’Europe », de Gaulle répond, comme le cite l’invité :

Le monde est vaste et la France a un grand jeu à jouer.

Union Populaire Républicaine

La tournée latino-américaine de 1964 démontre concrètement cette conviction : une France souveraine, refusant la logique des blocs, peut rassembler bien au-delà de ses frontières traditionnelles. Près de trente ans plus tard, en 1996, le président chinois Jiang Zemin recevra Jacques Chirac en ces termes : « La Chine n’oublie pas la clairvoyance du général de Gaulle qui a reconnu la République populaire de Chine en 1964. »

Ce qu’il faut retenir

L’épisode de 1964 rappelle qu’une France indépendante peut susciter un écho mondial sans précédent, comme en témoigne cette tournée triomphale en Amérique latine. Une leçon d’histoire qui, soixante ans plus tard, conserve toute sa pertinence pour qui s’interroge sur la place de la France dans le monde.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Union Populaire Républicaine

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