C’est la plus vaste cathédrale de France par ses volumes intérieurs. Une seule la dépasse en hauteur sous voûte, celle de Beauvais, et l’on sait ce qu’il en a coûté à cette dernière.
Amiens est aussi une leçon de rapidité. Les fondations sont creusées en 1220 ; dix ans plus tard, la nef est achevée et livrée au culte. Cette unité de conception se voit encore aujourd’hui. L’édifice est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981.

Pourquoi Amiens est l’archétype du gothique classique
Au début du XIIIe siècle, sous Philippe Auguste, Amiens est prospère. Le commerce de la draperie et de la guède, cette plante tinctoriale qu’on appelle waide en picard, enrichit la ville, et les donateurs ne manquent pas. La chapelle axiale de la Vierge était d’ailleurs dédiée à l’origine à Notre-Dame drapière.
- Un architecte, Robert de Luzarches, choisi pour concevoir un édifice pensé comme un livre de pierre destiné à enseigner la religion au peuple. On parlera plus tard de la Bible d’Amiens.
- La première pierre posée en 1220 par l’évêque Évrard de Fouilloy.
- Une nef achevée dès 1230, ce qui est exceptionnellement rapide pour un tel chantier.
- L’archétype du gothique classique pour la nef, du gothique rayonnant pour le chœur.
- Un classement monument historique depuis 1862, une inscription à l’UNESCO en 1981, puis une seconde inscription en 1998 au titre des chemins de Compostelle.
Contrairement à l’usage, les bâtisseurs ont commencé par la nef : la cathédrale continuait d’utiliser provisoirement le chœur de l’ancienne église romane. On connaît mal le détail du chantier, car un incendie a détruit en 1258 les comptes de fabrique.
La cathédrale d’Amiens en images



Que voir à la cathédrale d’Amiens
La façade occidentale se lit comme une page. Trois portails, un programme théologique complet, et au centre le Jugement dernier.
- Le portail central, dit du Jugement dernier ou du Beau Dieu, encadré du portail de la Mère-Dieu et de celui de saint Firmin.
- Le tympan du Jugement dernier, où les ressuscités sortent des tombeaux au son de la trompette, avec l’archange saint Michel et sa balance.
- Le portail de la Vierge dorée, sur la façade sud du transept.
- Les stalles, chef-d’œuvre d’ébénisterie, et la statuaire de la clôture du chœur.
- La voûte de la croisée et l’élévation de la nef, qui disent la hardiesse des constructeurs.
La cathédrale a perdu la plupart de ses vitraux d’origine. En revanche, les travaux menés depuis 1994 par désincrustation photonique ont fait apparaître sous les salissures des vestiges de la polychromie médiévale. Le spectacle Amiens, la cathédrale en couleurs, lancé en hiver 1999, restitue ces couleurs par la lumière.
Le saviez-vous ? Les cathédrales gothiques étaient peintes. À Amiens, le nettoyage de la façade a révélé sous la croûte noire les traces de la polychromie d’origine, ce qui a permis de la restituer en lumière. La pierre grise que nous prenons pour la norme n’est que le résultat du temps.
Quand visiter la cathédrale d’Amiens
L’édifice se visite toute l’année. Le spectacle de restitution des couleurs se donne l’hiver et l’été : c’est le meilleur moment pour comprendre à quoi ressemblait vraiment une façade du XIIIe siècle.
La restauration des façades extérieures se poursuit depuis les années 2010 : selon la période, une partie de l’édifice peut être sous échafaudage.
Comment se rendre à la cathédrale d’Amiens et où se garer
La cathédrale se dresse au cœur d’Amiens, dans la Somme. La ville est à un peu plus d’une heure de Paris par le train.
Tout le centre se parcourt à pied. Le quartier Saint-Leu et ses hortillonnages complètent bien la visite.
À voir dans les environs
Les Hauts-de-France comptent deux plus beaux villages de France. Parfondeval aligne ses maisons de brique autour d’une église fortifiée de Thiérache, et Gerberoy est la cité des roses, dans l’Oise.
Dans la même région, la citadelle d’Arras raconte la frontière du nord vue par Vauban. Et pour comparer les grands chantiers gothiques, la cathédrale de Chartres et celle de Reims sont les deux points de repère obligés.
Ressources
Deux vidéos pour découvrir l’édifice et ses couleurs retrouvées.
Questions fréquentes sur la cathédrale d’Amiens
Amiens, par ses volumes intérieurs. Seule la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais la dépasse en hauteur de chœur sous voûte.
Les fondations sont creusées en 1220 et la première pierre posée la même année par l’évêque Évrard de Fouilloy. La nef est achevée dès 1230 et livrée au culte.
L’architecte Robert de Luzarches, qui voulait faire de l’édifice un livre de pierre destiné à enseigner la religion. On a plus tard parlé de la Bible d’Amiens.
Contrairement à l’usage, parce que la cathédrale continuait d’utiliser provisoirement le chœur de l’ancienne église romane.
Non, elle en a perdu la plupart. Sa réputation tient à sa sculpture du XIIIe siècle, à ses stalles et à son décor intérieur.
Un spectacle lancé en hiver 1999 qui restitue par la lumière la polychromie d’origine, retrouvée sous les salissures lors des travaux de désincrustation photonique menés depuis 1994.
Oui, depuis 1981. Elle a été inscrite une seconde fois en 1998, au titre des chemins de Compostelle en France.
