On l’appelle la belle inutile. Le surnom est injuste et il en dit long : bâtie par Vauban à partir de 1668 pour verrouiller la frontière du nord, la citadelle d’Arras n’a jamais été attaquée. Elle est restée intacte, ce qui explique qu’on la voie aujourd’hui telle que l’ingénieur l’avait dessinée.

Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008, au sein du Réseau des sites majeurs de Vauban. Mais son histoire ne s’arrête pas aux remparts : entre 1941 et 1944, 218 personnes ont été fusillées dans ses fossés.

Pourquoi la citadelle d’Arras est surnommée la belle inutile

Quand Vauban dessine son pré carré, ce système de places fortes destiné à protéger le royaume des invasions par le nord, il prévoit une seconde ligne de défense au niveau d’Arras et fait construire la citadelle. Cinq emplacements sont étudiés dans la ville. C’est celui situé entre les portes d’Amiens et d’Hagerue qui l’emporte, parce qu’il forme un angle droit entre la ville et la cité.

  • Un chantier lancé en 1668, dont le gros œuvre est mené en un peu plus de deux ans.
  • Une place jamais attaquée, donc jamais remaniée dans l’urgence : c’est ce qui fait aujourd’hui sa valeur.
  • Un surnom, la belle inutile, que Charles de Lalleau explique par l’absence de servitude entre Arras et sa citadelle.
  • Un classement au titre des monuments historiques partiel en 1920 et 1929, puis total en 2012.
  • L’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, parmi les douze fortifications majeures de Vauban.

La citadelle a servi longtemps après Vauban. Dès 1715, certains souterrains font office de prison. En 1830, le temple de la citadelle est transformé en magasin. La place n’est démilitarisée qu’en 2010 : l’État en confie alors la gestion à la communauté urbaine d’Arras, et un projet de reconversion est annoncé en janvier 2011. Le site accueille depuis un pôle de loisirs, des logements et des activités économiques.

La citadelle d’Arras en images

Que voir à la citadelle d’Arras

L’ensemble se parcourt librement. Le tracé bastionné, les portes monumentales et les bâtiments intérieurs donnent une leçon d’architecture militaire d’autant plus lisible que rien n’est venu la brouiller.

  • Le polygone de la citadelle, ses bastions et ses fossés.
  • Les portes monumentales et les bâtiments de la place d’armes.
  • Le Mur des fusillés, où 218 plaques portent chacune le nom d’une victime.
  • Le poteau des fusillés, inauguré le 13 juillet 1947 par le président de la République Vincent Auriol.

D’août 1941 à juillet 1944, 218 personnes ont été fusillées dans les fossés de la citadelle. Français pour la plupart, mais aussi belges, hongrois, italiens, polonais, portugais, soviétiques, tchécoslovaques et yougoslaves. Le plus jeune avait seize ans, le plus âgé soixante-neuf. Parmi eux, le philosophe et résistant Jean Cavaillès, fusillé en avril 1944.

Le saviez-vous ? À l’entrée de la citadelle, une plaque porte cette dédicace : « In Memoriam. 218 patriotes de toutes origines ont été fusillés de 1941 à 1944 dans les fossés de la Citadelle d’Arras. Vous qui venez en ce lieu, gardez en vos mémoires le souvenir de leur martyre. » Le Mur des fusillés, couvert de ses 218 plaques nominatives financées par souscription, a été inauguré le 18 septembre 1949.

Quand visiter la citadelle d’Arras

Le site se visite toute l’année. Les remparts et le Mur des fusillés se découvrent en toute saison, et la lumière rasante de l’hiver rend bien la géométrie du polygone.

En juillet, la citadelle change complètement d’ambiance : elle accueille le Main Square Festival depuis 2009. Si vous cherchez le calme, mieux vaut choisir un autre moment.

Comment se rendre à la citadelle d’Arras et où se garer

La citadelle se trouve au sud-ouest du centre d’Arras, préfecture du Pas-de-Calais, sur l’emplacement retenu par Vauban entre les anciennes portes d’Amiens et d’Hagerue.

Le centre historique d’Arras, avec ses deux grandes places, est à une vingtaine de minutes à pied. On peut donc enchaîner la ville et la citadelle dans la même journée.

À voir dans les environs

Les Hauts-de-France comptent deux plus beaux villages de France, tous deux à portée de route. Parfondeval aligne ses maisons de brique autour d’une église fortifiée, au cœur de la Thiérache. Plus au sud, Gerberoy est la cité des roses, dans l’Oise.

Pour suivre le Réseau Vauban, la citadelle de Besançon montre ce que le même ingénieur faisait d’un rocher, et Neuf-Brisach ce qu’il traçait dans une plaine quand rien ne le contraignait.

Ressources

Deux vidéos pour découvrir la place forte et son histoire.

Questions fréquentes sur la citadelle d’Arras

Parce qu’elle n’a jamais été attaquée. Selon Charles de Lalleau, le surnom tient aussi à l’absence de servitude entre Arras et sa citadelle. Cette inaction a un revers heureux : la place nous est parvenue intacte.

Vauban, à partir de 1668. Elle s’inscrit dans le pré carré, le système de places fortes destiné à protéger le royaume par le nord, où Arras tient la seconde ligne de défense.

Elle est classée au titre des monuments historiques, partiellement en 1920 et 1929, puis en totalité en 2012, et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.

Un mémorial couvert de 218 plaques, une par personne fusillée dans les fossés de la citadelle entre août 1941 et juillet 1944. Il a été inauguré le 18 septembre 1949, après une souscription.

218 personnes, françaises pour la plupart, mais aussi belges, hongroises, italiennes, polonaises, portugaises, soviétiques, tchécoslovaques et yougoslaves. Le plus jeune avait seize ans, le plus âgé soixante-neuf. Le philosophe et résistant Jean Cavaillès y a été fusillé en avril 1944.

Non. Elle a été démilitarisée en 2010 et sa gestion confiée à la communauté urbaine d’Arras. Depuis la reconversion annoncée en 2011, elle accueille des loisirs, des logements et des activités économiques.

Elle accueille le Main Square Festival, organisé dans son enceinte depuis 2009.

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