Au XIXe siècle, la cité de Carcassonne était un quartier pauvre promis à la démolition. Elle doit sa survie à l’action et à la ténacité de l’archéologue Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, avant d’être restaurée sous la direction de Viollet-le-Duc puis de Boeswillwald.

Sa double enceinte atteint près de trois kilomètres et compte cinquante-deux tours au-dessus de la vallée de l’Aude. Elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997.

Pourquoi la cité de Carcassonne a failli disparaître

Le site est fortifié depuis longtemps. Un oppidum nommé Carsac existe vers le VIe siècle avant notre ère ; au IIe siècle avant J.-C., les Romains fortifient la place, qui devient Carcaso, puis chef-lieu de la colonie Julia Carcaso dans le dernier quart du Ier siècle avant notre ère.

  • Une place prise par les Wisigoths de 460 à 725, puis par les Sarrasins, puis par Pépin le Bref en 759.
  • La famille Trencavel qui s’en empare en 1082 et l’annexe à un ensemble allant de Carcassonne à Nîmes.
  • Bernard Aton IV Trencavel, vicomte d’Albi, de Nîmes et de Béziers, qui lance de nombreuses constructions et autorise en 1096 le chantier de la basilique.
  • Le traité des Pyrénées de 1659, qui rattache le Roussillon à la France et fait perdre à la cité toute position stratégique.
  • Un abandon progressif : le présidial part pour la ville basse en 1657, les habitants aisés s’en vont, les lices se couvrent d’une centaine de maisons d’ouvriers tisserands.

C’est dans cet état, celui d’un quartier de taudis, que la cité arrive au XIXe siècle. La restauration menée ensuite reste discutée : Viollet-le-Duc a reconstitué autant qu’il a conservé, avec des toitures en ardoise que beaucoup jugent étrangères au Languedoc. Sans lui, il ne resterait probablement rien.

Carcassonne en images

Que voir à la cité de Carcassonne

Ce qui frappe, c’est le dispositif : deux enceintes consécutives séparées par un espace, les lices, où l’assaillant qui avait franchi le premier mur se retrouvait à découvert sous le feu du second.

  • La double enceinte, près de 3 km de développement, et ses cinquante-deux tours.
  • Les lices, l’espace entre les deux murs, aujourd’hui dégagées des taudis qui les encombraient.
  • La porte Narbonnaise, entrée principale côté est.
  • Le château comtal, forteresse dans la forteresse.
  • La basilique Saint-Nazaire, dont la construction fut autorisée en 1096.

Le château comtal, les fortifications et les tours appartiennent à l’État et sont gérés par le Centre des monuments nationaux. Les lices et le reste de la cité relèvent du domaine municipal.

Le saviez-vous ? En 1592, pendant les guerres de Religion, les habitants de la cité se rallient au roi. Le quartier de la Trivalle avait été incendié et une porte murée : la cité servait encore, à cette date, de véritable place forte.

Quand visiter la cité de Carcassonne

Le printemps et l’automne évitent la foule. La cité est l’un des sites les plus visités de France et les ruelles sont étroites.

La vue la plus juste se prend de l’extérieur, depuis la rive gauche de l’Aude ou depuis la route, en fin de journée.

Comment se rendre à la cité de Carcassonne

La cité se dresse sur la rive droite de l’Aude, au sud-est de la ville actuelle de Carcassonne, dans le département de l’Aude.

La gare de Carcassonne est en ville basse, à une trentaine de minutes à pied. Stationnement payant au pied des remparts.

À voir dans les environs

L’Occitanie garde deux des douze sites Vauban classés à l’UNESCO, dans les Pyrénées-Orientales : la citadelle de Mont-Louis et le village fortifié de Villefranche-de-Conflent.

Pour comparer deux âges de la fortification, le viaduc de Millau et le pont du Gard montrent l’autre versant du génie constructeur en Occitanie.

Ressources

Deux vidéos sur la cité et sa restauration.

Questions fréquentes sur la cité de Carcassonne

Cinquante-deux, réparties sur une double enceinte de près de trois kilomètres.

L’archéologue Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, par son action et sa ténacité. La restauration fut ensuite dirigée par Viollet-le-Duc puis par Boeswillwald.

Elle reste discutée : il a reconstitué autant qu’il a conservé, et certains choix, comme les toitures en ardoise, sont jugés étrangers au Languedoc.

Depuis 1997.

Le traité des Pyrénées de 1659 rattache le Roussillon à la France et repousse la frontière : la cité perd toute valeur stratégique. Le présidial était déjà parti en ville basse en 1657.

L’espace situé entre les deux enceintes. Au XIXe siècle, une centaine de maisons d’ouvriers tisserands, pour l’essentiel des taudis, les occupaient.

Le château comtal, les fortifications et les tours appartiennent à l’État, gérés par le Centre des monuments nationaux. Les lices et le reste de la cité relèvent du domaine municipal.

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