À 1 326 mètres d’altitude, Briançon est la plus haute ville de France. Elle en est aussi l’une des mieux gardées : une enceinte de pierre serrée autour de la vieille ville, et tout autour, sur les crêtes, une ceinture de forts qui surveillent chaque accès.

Ce dispositif porte la signature de Vauban. Enceinte urbaine, redoute des Salettes, fort des Trois-Têtes, fort du Randouillet, ouvrage de la communication Y et pont d’Asfeld sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 7 juillet 2008, aux côtés des onze autres sites du Réseau Vauban.

Pourquoi les fortifications de Briançon sont inscrites à l’UNESCO

Briançon garde le col de Montgenèvre, franchissable à 1 850 mètres, à quinze kilomètres de la frontière actuelle. Une nouvelle enceinte y est élevée dès 1689 et 1690 par Hue de Langrune. L’été 1692, le duc Victor-Amédée II de Savoie prouve que les montagnes ne protègent de rien : il prend et pille Embrun le 16 août et ravage les environs. Malade, il renonce à attaquer Briançon. La même année, Vauban rédige un projet d’amélioration des fortifications.

  • L’enceinte urbaine et, dans ses murs, la collégiale, la place d’armes et les deux poudrières.
  • La redoute des Salettes, le fort des Trois-Têtes et le fort du Randouillet, tous du premier quart du XVIIIe siècle.
  • L’ouvrage dit de la communication Y, qui relie les défenses entre elles à l’abri des tirs.
  • Le pont d’Asfeld, jeté d’une seule arche entre 1729 et 1731 pour relier la ville au fort des Têtes.
  • L’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO le 7 juillet 2008, au sein du réseau des douze sites majeurs de Vauban.

Vauban revient en 1700 en tournée sur la frontière des Alpes. Il fait renforcer les fortifications de la ville et lance la construction d’une ceinture de forts qui exploite le relief pour tenir les points-clés. Les travaux seront menés notamment par Tardif, directeur des fortifications du Dauphiné, et par Nègre. Le système tiendra : en 1815, les Briançonnais refusent solennellement l’accès de leur cité à l’ennemi austro-sarde le 15 août, le général Eberlé refuse toute capitulation, et le siège est levé le 19 octobre.

Briançon en images

Que voir à Briançon

La cité se parcourt à pied, entre la Grande Gargouille et les remparts. Les forts, eux, se mesurent en dénivelé : ils occupent les hauteurs qui encadrent la ville, et la montée fait partie de la visite.

  • L’enceinte de Vauban et ses portes, avec la place d’armes et les poudrières.
  • La collégiale Notre-Dame, construite de 1705 à 1718 et classée monument historique en 1931.
  • Le pont d’Asfeld, classé monument historique le 5 décembre 1988, qui franchit les gorges de la Durance.
  • La fontaine des Soupirs, dite aussi fontaine François Ier, dans la Grande Gargouille, et les cadrans solaires peints sur les façades.
  • Le monument « La France », bronze d’Antoine Bourdelle, qui surplombe la citadelle au sommet du Château.

Autour de la ville, le patrimoine militaire ne s’arrête pas à Vauban : le fort Dauphin date du début du XVIIIe siècle, les forts de la Croix-de-Bretagne et de l’Infernet ont été élevés de 1876 à 1878, et l’ouvrage du Janus appartient à la ligne Maginot des années 1930. Briançon est classée Ville d’art et d’histoire.

Le saviez-vous ? Le ski français est né en garnison à Briançon. Le ministère de la Guerre y crée une école normale de ski en 1904, dotée dès 1905 d’un atelier de fabrication de skis, et l’armée organise en 1906 à Montgenèvre, avec le Club alpin français, le premier concours international de ski. Le 159e régiment d’infanterie alpine y gagnera son surnom de régiment de la neige.

Quand visiter Briançon

De juin à septembre, les sentiers qui montent aux forts sont dégagés et les visites guidées de la cité battent leur plein. C’est la meilleure période pour comprendre le système défensif dans son ensemble, forts compris.

L’hiver a son charme propre : la cité fortifiée sous la neige, et les stations toutes proches. Briançon accueille aussi plusieurs rendez-vous dans l’année, du Festival international de musique de chambre à l’Altitude Jazz Festival, sans oublier la fête médiévale.

Comment se rendre à Briançon et où se garer

Briançon est sous-préfecture des Hautes-Alpes, à 115 kilomètres de Grenoble et à quinze de la frontière italienne par le col de Montgenèvre. La gare, atteinte par le rail le 15 septembre 1884, a été installée en fond de vallée, à l’écart de la cité fortifiée.

La vieille ville se tient sur la hauteur : mieux vaut laisser la voiture aux abords des remparts et gagner la cité à pied. Prévoyez de bonnes chaussures si vous comptez rejoindre les forts.

À voir dans les environs

Les Hautes-Alpes gardent d’autres places fortes. À une quarantaine de kilomètres en descendant la Durance, Mont-Dauphin est l’autre site haut-alpin du Réseau Vauban : une ville neuve posée sur un plateau, aujourd’hui classée parmi les plus beaux villages de France. Plus haut encore, Saint-Véran aligne ses maisons de mélèze dans le Queyras.

Pour prolonger la découverte de l’œuvre de Vauban, la citadelle de Besançon et la ville-étoile de Neuf-Brisach complètent le tableau, l’une accrochée à son rocher, l’autre tracée au compas dans la plaine.

Ressources

Deux vidéos pour prendre la mesure du système fortifié et de la cité.

Questions fréquentes sur les fortifications de Briançon

Elles figurent sur la liste du patrimoine mondial depuis le 7 juillet 2008, au sein du Réseau des sites majeurs de Vauban. L’inscription porte sur l’enceinte urbaine, la redoute des Salettes, le fort des Trois-Têtes, le fort du Randouillet, la communication Y et le pont d’Asfeld.

Oui, à 1 326 mètres d’altitude. Elle comptait 11 339 habitants en 2019 et elle est la sous-préfecture des Hautes-Alpes.

Une première enceinte est élevée en 1689 et 1690 par Hue de Langrune. Vauban rédige un projet d’amélioration en 1692 et revient en 1700 pour renforcer la place et lancer la ceinture de forts, dont les travaux sont menés notamment par Tardif et Nègre.

De 1729 à 1731. Il relie la ville au fort des Têtes et il est classé au titre des monuments historiques depuis le 5 décembre 1988.

Les forts inscrits à l’UNESCO sont la redoute des Salettes, le fort des Trois-Têtes et le fort du Randouillet. S’y ajoutent le fort Dauphin, les forts de la Croix-de-Bretagne et de l’Infernet, édifiés de 1876 à 1878, les forts du Gondran et l’ouvrage du Janus de la ligne Maginot.

La collégiale Notre-Dame construite de 1705 à 1718, la place d’armes, les poudrières, la fontaine des Soupirs dans la Grande Gargouille et les cadrans solaires peints sur les façades.

Oui, en 1815. Les habitants refusent l’accès de la cité à l’ennemi austro-sarde lors d’une séance solennelle le 15 août, le général Eberlé refuse de capituler, et le siège est finalement levé le 19 octobre.

À quinze kilomètres de la frontière, par le col de Montgenèvre qui culmine à 1 850 mètres. C’est ce passage que les fortifications avaient pour mission de surveiller.

Les forts occupent les hauteurs qui encadrent la ville et se rejoignent par des sentiers. La belle saison, de juin à septembre, reste la période la plus praticable pour les atteindre.

Oui. Le label s’ajoute à l’inscription des fortifications au patrimoine mondial, obtenue en 2008.

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