La France fabrique de la porcelaine en régie depuis 1740. La manufacture est fondée à Vincennes sous Louis XV, avec le soutien de Madame de Pompadour, pour concurrencer les productions de Chantilly et de Meissen. En 1756, le roi achète l’ensemble des actions et en devient l’unique actionnaire.

Royale, puis impériale, puis nationale : elle n’a jamais changé de propriétaire, seulement de régime. Elle fournit aujourd’hui encore la Présidence de la République, Matignon, le ministère de la Culture et les ambassades de France.

Pourquoi l’État fabrique de la porcelaine depuis trois siècles

Le transfert à Sèvres a lieu en 1756, dans un bâtiment voulu par Madame de Pompadour à proximité de son château de Bellevue. La manufacture est rattachée au domaine de la Couronne en octobre 1759.

  • Un bâtiment de 130 m de long et quatre étages, édifié de 1753 à 1756 par l’architecte Lindet sous la supervision de l’ingénieur Jean-Rodolphe Perronet, à l’emplacement de la ferme dite de la Guyarde.
  • Une organisation verticale du travail : les fours et la gravure en bas, les sculpteurs, tourneurs et garnisseurs au deuxième étage, les peintres, doreurs, animaliers et figuristes sous les combles.
  • Une porcelaine tendre à l’origine, dont Louis-François Ier Gravant avait découvert le secret : son inventaire après décès du 11 mars 1765 le désigne comme inventeur des porcelaines de la manufacture royale.
  • Un déménagement en 1876 sur le site actuel, en bordure du Domaine national de Saint-Cloud.
  • Six grands fours à bois construits en 1877 par le céramiste Ambroise Milet, classés en 1993.

La manufacture est aujourd’hui l’une des institutions de l’établissement public des Manufactures nationales, avec le Mobilier national, sous tutelle du ministère de la Culture. Des artistes invités y produisent des œuvres en porcelaine.

Sèvres en images

Que voir à la manufacture de Sèvres

Le site réunit une usine en activité et un musée. C’est ce qui le distingue : on ne visite pas un souvenir, on visite un atelier qui produit encore.

  • Le bâtiment de 1756 et son pavillon central, précédé de la cour dite du public fermée par une grille en fer forgé.
  • Le fronton portant l’horloge de l’ancienne verrerie royale.
  • Les six fours à bois d’Ambroise Milet, classés en 1993.
  • Le musée national de Céramique, installé sur le même site.
  • Les ateliers, où se perpétuent les métiers du tournage, du garnissage, de la peinture et de la dorure.

Le kaolin venait traditionnellement de Saint-Yrieix, près de Limoges ; la couverte, appliquée en émaillage après cuisson, est faite principalement de pegmatite de Marcognac, un mélange de feldspath et de quartz.

Le saviez-vous ? Le bleu de Sèvres est une couleur propre à la maison. C’est un oxyde de cobalt incorporé directement dans la couverte, et non posé en surface : la couleur est donc dans la matière, pas dessus.

Quand visiter la manufacture de Sèvres

Toute l’année. Le musée national de Céramique permet de voir trois siècles de production au même endroit.

Les visites d’ateliers, quand elles sont proposées, sont ce qu’il y a de plus intéressant : les gestes n’ont pas changé.

Comment se rendre à la manufacture de Sèvres

La manufacture est à Sèvres, dans les Hauts-de-Seine, en bordure du Domaine national de Saint-Cloud.

Station Pont de Sèvres sur la ligne 9 du métro, puis quelques minutes à pied, ou tramway T2.

À voir dans les environs

Le château de Vincennes est le lieu de naissance de la manufacture, fondée là en 1740 avant son transfert à Sèvres.

Pour le patrimoine industriel, le marteau-pilon du Creusot, le familistère de Guise et la saline royale d’Arc-et-Senans complètent la série.

Ressources

Deux vidéos sur la manufacture et ses ateliers.

Questions fréquentes sur la manufacture de Sèvres

En 1740, à Vincennes, sous le règne de Louis XV et avec le soutien de Madame de Pompadour. Elle fut transférée à Sèvres en 1756.

Pour concurrencer les productions de Chantilly et de Meissen.

Oui. Louis XV en devint l’unique actionnaire en 1756, et elle fut rattachée au domaine de la Couronne en octobre 1759. Royale, puis impériale, puis nationale, elle relève aujourd’hui du ministère de la Culture.

La Présidence de la République, Matignon, le ministère de la Culture et les ambassades de France à l’étranger.

Une couleur caractéristique de la maison : un oxyde de cobalt incorporé dans la couverte, donc dans la matière même et non posé en surface.

Depuis 1876, en bordure du Domaine national de Saint-Cloud. Le site accueille également le musée national de Céramique.

Le kaolin venait traditionnellement de Saint-Yrieix, près de Limoges. La couverte est faite principalement de pegmatite de Marcognac, mélange de feldspath et de quartz.

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