On répète partout que le phare de Gatteville compte autant de marches que l’année a de jours, autant de fenêtres que de semaines et autant de niveaux que de mois. C’est une belle histoire, et elle est fausse : l’escalier compte 349 marches, pas 365.

Le reste tient largement la comparaison. Avec 74,85 m, c’est le deuxième plus haut phare de France après celui de l’île Vierge, et le second d’Europe. Sa lentille porte à soixante kilomètres.

Pourquoi on a bâti un phare à la pointe de Barfleur

Le raz de Barfleur a des courants qui tuent. Vauban lui-même réclamait un feu à cette pointe : ce cap et celui de la Hague, écrivait-il, sont l’horreur des gens de mer par la quantité de vaisseaux qui s’y perdent pendant la nuit tous les ans, faute de feux pour les redresser. Le naufrage le plus célèbre y reste celui de la Blanche-Nef.

  • Un premier phare de 25 m décidé en 1774 par la Chambre de commerce de Rouen, bâti en granit par Jacques-Martin Maurice, allumé le 1er novembre 1775.
  • Un feu de bois et de charbon brûlant en continu à son sommet, le charbon des houillères de Littry monté à dos d’homme.
  • Une lanterne vitrée posée sur le brasero dès 1775, dont les vitres noircissaient trop vite ; en 1780, le charbon cède la place à seize lampes à huile à réverbères.
  • Une décision, en 1825, d’élever une tour dont le feu porterait à vingt-sept milles nautiques.
  • Des plans dessinés par Charles-Félix Morice de la Rue, ingénieur des Ponts et Chaussées, qui concevra ensuite le phare de la Hague. Pierre centrale posée le 14 juin 1829, mise en service le 1er avril 1835.

Faire tourner un tel phare demandait du monde : jusqu’à six gardiens, obligés d’être mariés, soit six familles et vingt-sept personnes, auxquelles s’ajoutaient les gardiens du sémaphore. Une quarantaine de personnes vivaient sur place. L’électrification arrive en 1893 et l’automatisation en 1984 : une seule personne suffit désormais à surveiller les appareils.

Gatteville en images

Que voir au phare de Gatteville

Deux tours se dressent côte à côte à la pointe : l’ancienne de 1775 et la grande de 1835. La comparaison dit tout de ce qui sépare deux générations d’ingénieurs.

  • La tour cylindrique de 74,85 m, bâtie de 11 000 blocs de granit rose de Fermanville pesant 7 400 tonnes au total.
  • Un diamètre de 9,25 m à la base et de six mètres seulement à la passerelle.
  • Les 349 marches de l’escalier, et la vue sur le Cotentin au sommet.
  • La double optique, la seconde servant par temps de brouillard, dont les quatre faisceaux portent à soixante kilomètres.
  • L’ancienne tour de 1775, rachetée par la Marine et aménagée en sémaphore.
  • La jetée en granit qui relie le phare à la terre ferme.

En 2001, une chambre panoramique a été bâtie au pied de l’ancienne tour : neuf guetteurs s’y relèvent jour et nuit pour surveiller la circulation maritime au nord-est du Cotentin.

Le saviez-vous ? Le phare de Gatteville se situe aux antipodes exactes des îles des Antipodes, au sud-est de la Nouvelle-Zélande. En 1980, Jean-Jacques Beineix y a tourné plusieurs scènes de Diva.

Quand visiter le phare de Gatteville

Le phare ouvre toute l’année sauf en janvier et reçoit entre 35 000 et 39 000 visiteurs par an.

Il ferme par mesure de sécurité dès que le vent dépasse force 7, soit 50 km/h, et par temps orageux : vérifier la météo avant de faire la route.

Comment se rendre au phare de Gatteville

Le phare est à la pointe de Barfleur, sur la commune de Gatteville-le-Phare, dans la Manche, au nord-est du Cotentin.

On y accède en voiture depuis Barfleur ou Cherbourg. Stationnement au pied du site.

À voir dans les environs

Les tours Vauban de Saint-Vaast-la-Hougue et de Tatihou sont à une vingtaine de kilomètres au sud, sur la même côte : Vauban qui réclamait un feu à Barfleur a fortifié celle-là.

L’abbaye du Mont-Saint-Michel ferme la Manche au sud, et le phare de Cordouan, en Gironde, reste le seul phare classé à l’UNESCO.

Ressources

Deux vidéos sur le phare et son fonctionnement.

Questions fréquentes sur le phare de Gatteville

Non. La légende veut qu’il ait autant de marches que l’année a de jours, autant de fenêtres que de semaines et autant de niveaux que de mois, mais l’escalier n’en compte que 349.

74,85 m. C’est le deuxième plus haut phare de France, après celui de l’île Vierge, et le second d’Europe.

La pierre centrale fut posée le 14 juin 1829 et les travaux s’étalèrent jusqu’en 1835. Le phare fut mis en service le 1er avril 1835.

Le premier, haut de 25 m, fut allumé le 1er novembre 1775. Jugé insuffisant, il fut doublé par la grande tour de 1835. L’ancien a été racheté par la Marine et aménagé en sémaphore.

Jusqu’à six gardiens, obligés d’être mariés, soit six familles et vingt-sept personnes, auxquelles s’ajoutaient les gardiens du sémaphore : une quarantaine de personnes au total.

La lentille diffuse quatre faisceaux qui portent à soixante kilomètres. Le phare est équipé d’une double optique, la seconde servant par temps de brouillard.

Il ouvre toute l’année sauf en janvier, mais ferme par sécurité dès que le vent dépasse force 7, soit 50 km/h, et par temps orageux.

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