Au milieu du passage du Fromveur, sur un récif appelé Men Tensel, la pierre hargneuse, un phare abrite de la mosaïque, des lambris en chêne de Hongrie et un parquet de chêne orné d’une rose des vents marquetée en acajou et ébène. C’est le dernier phare-monument français.

Il le doit à un don. Amicie Lebaudy a versé 585 000 francs sur un coût total de construction de 941 000. Le phare porte le nom de son grand-oncle, Charles-Marie Le Dall de Kéréon, officier de marine guillotiné sous la Terreur.

Pourquoi un phare en mer a du parquet et des lambris

Un phare en mer est d’ordinaire un ouvrage nu : on y met le strict nécessaire, parce que tout doit être héliporté ou débarqué à la force des bras. Le don d’Amicie Lebaudy a levé cette contrainte, et permis un intérieur qu’on n’attend pas à cet endroit.

  • Un chantier mené de 1907 à 1916, sur le récif de Men Tensel.
  • Un feu allumé pour la première fois en 1916, au pétrole jusqu’en 1972.
  • Une électrification en 1972, avec un allumage commandé par cellule photoélectrique, deux groupes électrogènes et une éolienne.
  • Des gardiens maintenus malgré l’automatisation partielle, chargés de veiller au bon fonctionnement et à l’entretien.
  • Une inscription aux monuments historiques le 31 décembre 2015, puis un classement le 20 avril 2017.

Kéréon est le dernier enfer, c’est-à-dire le dernier phare isolé en pleine mer, à avoir été automatisé : le 29 janvier 2004. Neuf ans après les gardiens de la Vieille qui refusaient la relève, le métier s’achevait ici.

Kéréon en images

Que voir au phare de Kéréon

Le phare ne se visite pas. On le voit depuis Ouessant, ou depuis la mer quand le Fromveur le permet, ce qui n’est pas si souvent.

  • La tour plantée sur le récif de Men Tensel, la pierre hargneuse en breton.
  • Le passage du Fromveur, entre Ouessant et l’archipel de Molène, réputé pour la violence de ses courants.
  • L’îlot de Balanec, dans le même champ de vision depuis certains points.
  • La silhouette vue d’Ouessant, qui donne l’échelle de l’isolement.

L’intérieur, invisible aux visiteurs, reste le sujet : mosaïque dans la cage d’escalier, parquet de chêne à rose des vents marquetée en acajou et ébène, lambris en chêne de Hongrie.

Le saviez-vous ? Le 16 décembre 1989, à 18 h 10, les deux hublots de la cuisine explosent sous la pression d’une vague. Deux geysers projettent les gardiens, tout le mobilier est expulsé dans la cage d’escalier, traverse le hall et finit à la mer. Sept des verres protégeant l’optique, située à 42 m au-dessus du niveau de la mer, explosent. Les gardiens la couvrent de bâches : le feu ne s’éteindra jamais.

Quand voir le phare de Kéréon

Toute l’année depuis Ouessant. Les sorties en mer dépendent entièrement des conditions dans le Fromveur.

Le bateau pour Ouessant part du Conquet ou de Brest. Compter la journée.

Comment voir le phare de Kéréon

Le phare s’élève sur le récif de Men Tensel, dans le passage du Fromveur, entre Ouessant et Molène, en mer d’Iroise.

On rejoint Ouessant par bateau depuis Le Conquet ou Brest, ou par avion depuis Brest.

À voir dans les environs

Le phare de la Vieille garde le raz de Sein plus au sud : les deux racontent la fin des gardiens, en 1995 puis en 2004.

Le phare de l’île Vierge ferme le nord du Finistère, et la tour Vauban de Camaret-sur-Mer l’entrée de la rade de Brest.

Ressources

Deux vidéos sur le phare et sur la dernière relève.

Questions fréquentes sur le phare de Kéréon

Grâce à un don d’Amicie Lebaudy de 585 000 francs, sur un coût total de construction de 941 000. Ce don a permis d’en faire le dernier phare-monument, avec mosaïque, parquet de chêne à rose des vents marquetée en acajou et ébène, et lambris en chêne de Hongrie.

De Charles-Marie Le Dall de Kéréon, officier de marine guillotiné sous la Terreur, grand-oncle de la donatrice.

De 1907 à 1916. Son feu fut allumé pour la première fois en 1916 et fonctionna au pétrole jusqu’en 1972.

La pierre hargneuse, en breton. C’est le nom du récif sur lequel le phare est bâti.

Le 29 janvier 2004. C’est le dernier enfer, c’est-à-dire le dernier phare isolé en pleine mer, à l’avoir été.

Le 16 décembre à 18 h 10, une vague fit exploser les deux hublots de la cuisine. Le mobilier fut expulsé jusqu’à la mer et sept verres protégeant l’optique, à 42 m au-dessus du niveau de la mer, éclatèrent. Les gardiens bâchèrent l’optique et le feu ne s’éteignit pas.

Non. On l’observe depuis Ouessant ou depuis la mer, quand les conditions du Fromveur le permettent.

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