Cinq ans avant sa tour, Gustave Eiffel a construit dans le Cantal un ouvrage qui détenait deux records : le plus haut viaduc du monde, à 122 m au-dessus de la Truyère, et l’arc de plus grande portée au monde, jusqu’en 1886. Garabit est l’école où s’est appris ce qui a rendu la tour possible.
Le viaduc porte la ligne de Béziers à Neussargues, dite ligne des Causses, sur 565 m de long, à 835 m d’altitude. Le chantier ouvre en janvier 1880 et s’achève en septembre 1884 ; la mise en service intervient en 1888.

Pourquoi Garabit compte dans l’histoire de la construction
Le projet n’est pas d’Eiffel mais de Léon Boyer, ingénieur des Ponts et Chaussées. En novembre et décembre 1878, Boyer effectue les relevés géométriques définissant le tracé de la ligne et de l’ouvrage. C’est lui qui en confie ensuite la finalisation et la réalisation à Eiffel et à sa société.
- Les plans du premier projet de Boyer remis à l’administration le 25 mars 1879.
- Un projet approuvé par le ministère des Travaux publics le 14 juin 1879.
- La rupture, le 30 juin 1879, entre Eiffel et Théophile Seyrig, directeur du bureau d’études, remplacé quatre mois plus tard par Maurice Koechlin.
- Le début des travaux de fondation en janvier 1880 et le dépôt du projet définitif d’Eiffel le 16 août 1880.
- Le début du montage le 1er août 1882, pour une fin de chantier en septembre 1884.
Le nom qui apparaît ici mérite d’être retenu : Maurice Koechlin, arrivé au bureau d’études fin 1879, est celui qui dessinera quelques années plus tard le premier projet de la tour Eiffel. Garabit est le chantier où l’équipe s’est constituée.
Garabit en images



Que voir au viaduc de Garabit
Le viaduc se regarde d’en dessous et de côté. C’est l’arc, posé sur deux appuis seulement au fond des gorges, qui porte tout le reste.
- L’arc central, dont la portée fut la plus grande au monde jusqu’en 1886.
- Les piles trapézoïdales en treillis, marque de fabrique de la maison Eiffel.
- Le tablier, à 122 m au-dessus de la rivière, sur 565 m de long.
- Les gorges de la Truyère elles-mêmes, que l’ouvrage franchit à 835 m d’altitude.
- Les anciennes gares de Garabit et de Ruynes-en-Margeride, aujourd’hui fermées.
La ligne est à voie unique : le viaduc franchit les gorges entre les points kilométriques 675,393 et 675,958.
Le saviez-vous ? Garabit n’est pas une commande d’Eiffel mais une commande à Eiffel. Le projet revient à Léon Boyer, ingénieur des Ponts et Chaussées, qui en avait fait les relevés dès 1878 et dont les plans furent approuvés avant que la société Eiffel n’entre en scène.
Quand voir le viaduc de Garabit
Toute l’année. La structure métallique se détache mieux par lumière rasante, en début ou en fin de journée.
Des belvédères aménagés le long de la route permettent de voir l’ouvrage en entier sans marcher longtemps.
Comment se rendre au viaduc de Garabit
Le viaduc franchit les gorges de la Truyère, sur les communes de Ruynes-en-Margeride et de Val d’Arcomie, dans le Cantal.
On y accède en voiture par l’A75, sortie Garabit, à environ une heure de Saint-Flour et de Clermont-Ferrand.
À voir dans les environs
Le viaduc de Millau est sur la même A75, plus au sud : deux siècles d’écart, la même question de franchir une vallée profonde.
Pour la série complète des ouvrages d’art, le pont du Gard et le pont Valentré couvrent l’Antiquité et le Moyen Âge.
Ressources
Deux vidéos sur le viaduc et son chantier.
Questions fréquentes sur le viaduc de Garabit
Le projet est de Léon Boyer, ingénieur des Ponts et Chaussées, qui en a confié la finalisation et la réalisation à Gustave Eiffel et à sa société.
122 m au-dessus de la Truyère. C’était alors le plus haut viaduc du monde.
Oui. Le chantier ouvre en janvier 1880 et s’achève en septembre 1884 ; la tour Eiffel sera achevée en 1889.
Sa portée était la plus grande au monde jusqu’en 1886.
565 m, à 835 m d’altitude, sur la ligne de Béziers à Neussargues dite ligne des Causses.
En 1888, par la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne, concessionnaire de la ligne.
L’ingénieur qui remplace Théophile Seyrig à la tête du bureau d’études d’Eiffel fin 1879, pendant le chantier de Garabit. Il dessinera plus tard le premier projet de la tour Eiffel.
