Les consuls de Cahors décident sa construction en 1306 ; la première pierre est posée le 17 juin 1308. Il sera achevé en 1378, soixante-dix ans plus tard. Ce n’était pas un pont ordinaire mais une forteresse, destinée à défendre la ville contre les attaques venues du sud.
La dissuasion a fonctionné au-delà de toute espérance : ni les Anglais ni Henri IV ne l’ont jamais attaqué. Classé monument historique sur la liste de 1840, il est inscrit à l’UNESCO depuis 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Pourquoi le pont Valentré est un pont fortifié
Trois tours fortifiées, six arches précédées de becs aigus : le pont Valentré est l’un des plus beaux ponts médiévaux fortifiés encore debout et un exemple rare d’architecture militaire française de cette époque. On y pénètre toujours dans Cahors, mais à pied seulement.
- Une construction décidée par les consuls de la ville en 1306, pendant les guerres franco-anglaises.
- Une première pierre posée le 17 juin 1308 et un ouvrage achevé seulement en 1378.
- Une fonction de forteresse, tournée vers les attaques venues du sud.
- Une chapelle dédiée à la Vierge, dans le châtelet occidental, qui protégeait le pont spirituellement.
- Un nouvel axe commercial est-ouest, qui remplace l’ancien axe nord-sud et modifie toute la cité.
L’origine du nom reste incertaine. Valentré pourrait venir de balandra, qui désigne la salamandre, animal peut-être représenté au sommet d’une pile et censé figurer le diable. Une autre hypothèse renvoie à la balandre, barque à fond plat qui aurait servi de bac avant la construction du pont.
Le pont Valentré en images



Que voir au pont Valentré
Le pont se traverse à pied, d’une tour à l’autre. C’est en le franchissant qu’on comprend qu’il n’a pas été conçu pour laisser passer, mais pour filtrer.
- Les trois tours fortifiées qui scandent le tablier.
- Les six grandes arches ogivales de 16,50 m et les avant-becs crénelés, sur 138 m de long en dos-d’âne.
- Le châtelet occidental, qui abritait la chapelle dédiée à la Vierge.
- Le diablotin sculpté par Calmon en 1879, dans la tour centrale dite tour du Diable.
- L’écluse, en contrebas, qui permet aux bateaux de franchir le seuil.
L’aspect actuel n’est pas tout à fait l’aspect d’origine : les travaux de restauration entrepris en 1879 l’ont sensiblement modifié. En 1930, un guide touristique le décrivait comme en parfait état de conservation.
Le saviez-vous ? La légende veut que le maître d’œuvre, excédé par la lenteur du chantier, ait passé un pacte avec le Diable, puis l’ait roulé en lui demandant d’aller puiser de l’eau avec un crible. Pour se venger, le Diable envoyait chaque nuit un diablotin desceller la dernière pierre de la tour centrale, dite tour du Diable. En 1879, l’architecte Paul Gout fit poser dans l’emplacement vide une pierre sculptée à l’effigie d’un diablotin, taillée par un sculpteur de la région nommé Calmon.
Quand voir le pont Valentré
Toute l’année. Le pont se photographie mieux depuis la rive, en fin de journée, quand la lumière prend les trois tours de biais.
Il se trouve sur la Via Podiensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et sur le GR 36 : beaucoup de marcheurs le franchissent chaque jour.
Comment se rendre au pont Valentré
Le pont franchit le Lot à l’ouest de Cahors, dans le département du Lot, en Occitanie.
La gare de Cahors est à une vingtaine de minutes à pied. La traversée du pont est piétonne.
À voir dans les environs
L’Occitanie garde d’autres ouvrages d’art majeurs : le pont du Gard, aqueduc romain du Ier siècle, et le viaduc de Millau, ouvert en 2004.
Pour la fortification, la cité de Carcassonne est à deux heures et demie de route, et la citadelle de Mont-Louis garde les Pyrénées.
Ressources
Deux vidéos sur le pont et sa légende.
Questions fréquentes sur le pont Valentré
Soixante-dix ans. La première pierre fut posée le 17 juin 1308, après une décision des consuls en 1306, et le pont fut achevé en 1378.
Parce qu’il avait une fonction de forteresse : défendre Cahors contre les attaques venues du sud, pendant les guerres franco-anglaises.
Jamais. Ni les Anglais ni Henri IV ne l’ont attaqué : la dissuasion a suffi.
À cause d’une légende locale et, peut-être, de la salamandre qui aurait été représentée au sommet d’une pile : cet animal était censé figurer le diable. Le nom Valentré pourrait lui-même venir de balandra, qui désigne la salamandre.
Trois tours fortifiées et six arches précédées de becs aigus.
Il est classé monument historique par la liste de 1840 et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.
Non, la traversée est piétonne.
