Depuis plusieurs mois, les services de renseignement européens documentent un phénomène aussi prévisible qu’inquiétant : la circulation massive d’armes ukrainiennes dans les marchés noirs d’Europe de l’Ouest. Une dérive qui n’a rien d’un accident, mais constitue l’aboutissement logique d’une guerre dont les conséquences sécuritaires commencent à peine à se manifester sur notre sol.
Pourquoi les armes ukrainiennes inondent-elles les marchés noirs européens et quelles en sont les conséquences ?
L’Ukraine, confrontée à une économie de guerre dévastée et à l’effondrement progressif de ses structures étatiques, recycle massivement les équipements militaires fournis par l’Occident. Ces armes, initialement destinées au front russe, se retrouvent désormais dans les circuits criminels de l’Union européenne. Selon l’invité, cela marque le début d’un processus en trois étapes : d’abord la dissémination des armements, ensuite la mise en place de collaborations opérationnelles entre services spéciaux ukrainiens et réseaux mafieux, enfin l’exécution de « contrats » sur le sol européen pour le compte du crime organisé.
Un engrenage annoncé de longue date
L’invité, dont les analyses sont relayées dans un entretien publié fin juin 2026 sur la chaîne Cercle Aristote, affirme avoir anticipé cette trajectoire depuis plus d’un an. L’idée centrale est la suivante : l’Ukraine, privée de victoire militaire et maintenue sous perfusion financière par les Européens, se transforme progressivement en État terroriste pour continuer à exister et à monnayer sa survie.
« Ça fait combien de temps que je vous parle que l’Ukraine va terminer en état terroriste pour pouvoir raquetter du pognon aux européens ? Ça ça doit faire quoi plus d’un an que j’ai annoncé ça ? »
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
Le mécanisme est simple. L’Ukraine dépend des financements occidentaux pour poursuivre la guerre. Or, pour justifier ces flux d’argent, elle doit démontrer qu’elle agit, qu’elle frappe, qu’elle pèse sur le conflit. Faute de résultats militaires conventionnels, le recours à des actions asymétriques, y compris terroristes, devient une option rationnelle pour Kiev.
Des compétences militaires recyclées dans le crime
Le point le plus sensible concerne la reconversion des personnels des forces spéciales ukrainiennes. Formés au maniement des armes et aux techniques de neutralisation, mais dépourvus de perspectives économiques dans un pays en ruine, ces hommes représentent une ressource humaine directement exploitable par les organisations criminelles.
« Ces mecs-là, mis à part buter des gens, ils savent rien faire. Buter des femmes et des gosses surtout. Donc ils vont se mettre au plus franc des mafias et des groupes criminels d’Europe de l’Est et d’Europe de l’Ouest. »
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
L’invité décrit ce qu’il appelle le « troisième effet kiss cool » de la guerre d’Ukraine : après la livraison massive d’armes, après leur dispersion dans les circuits illégaux, viendra l’utilisation directe de ces compétences militaires pour exécuter des assassinats commandités par les mafias. Une projection qui, si elle se confirme, poserait un défi sécuritaire inédit aux États européens.
Une guerre qui échappe à ses initiateurs
Ce tableau s’inscrit dans une analyse plus large de la stratégie occidentale. L’Europe, en soutenant Kiev sans condition et sans contrôle effectif sur l’usage des fonds et des équipements, a créé une dynamique qu’elle ne maîtrise plus. L’objectif affiché, saigner la Russie, se double désormais d’une conséquence non assumée : l’émergence d’un acteur étatique incontrôlable, capable de déstabiliser l’espace européen lui-même.
L’invité note également que les frappes ukrainiennes sur le territoire russe, notamment les envois de drones sur Moscou, relèvent davantage du terrorisme que de l’action militaire classique, puisqu’elles visent essentiellement des populations civiles dans le but de créer un effet psychologique et médiatique, monnayable auprès des bailleurs de fonds occidentaux.
Ce qu’il faut retenir
La dissémination des armes ukrainiennes dans les circuits criminels européens n’est que la partie visible d’un phénomène plus profond : la mutation de l’Ukraine en un État structurellement dépendant de l’instabilité qu’il génère. Les Européens, qui ont massivement financé cette guerre sans en anticiper les retombées, pourraient bientôt découvrir que la menace ne vient plus seulement de l’Est, mais aussi des réseaux qu’ils ont eux-mêmes armés et entraînés.
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
Pour aller plus loin
- Comme des lions : Histoire des combats français de 1940
- La Raison des nations, Pierre Manent (Gallimard)
- Il s’agit de ne pas se rendre, Régis Debray, Jean Ziegler
- Vidal et les siens, Edgar Morin
- Journal de Californie, Edgar Morin
- Rose au pays de l’horreur, Frédérica (Éditions de la Reine Rouge)
- La Peste blanche, Pierre Chaunu
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