Publiée sur Tocsin le (durée 27 min)

Ce que dit cette vidéo

L’historien Éric Branca, interrogé par Tocsin, retrace plusieurs épisodes d’ingérence américaine dans les affaires françaises, de la Libération aux révélations Wikileaks. Il soutient que la France a échappé de justesse à une mise sous tutelle en 1944, contrairement à l’Italie, et que cette dépendance refusée par De Gaulle reste un enjeu mal compris.

Les « billets drapeau » de 1944 et le refus gaulliste

Éric Branca revient sur les « billets drapeau », ces coupures imprimées par le Trésor américain pour circuler en France libérée. Frappés du tricolore mais émis sans accord de la Banque de France et gagés sur rien, ils auraient placé l’économie française sous tutelle monétaire. Les commissaires de la République nommés par De Gaulle ont refusé ces billets et imposé le franc du Gouvernement provisoire. Branca compare ce refus au sort de l’Italie, où l’AMGOT a gouverné de 1943 à 1946, laissant des services de renseignement devenus auxiliaires de la CIA et une vie politique travaillée par la « stratégie de la tension » jusque dans les années 1970.

La mort du général Ailleret en mars 1968

L’entretien aborde la mort du général Ailleret, chef d’état-major des armées et architecte de la doctrine de dissuasion « tous azimuts », dirigée contre toute puissance menaçant la France, y compris les États-Unis. Ailleret meurt dans un accident d’avion au décollage de La Réunion en mars 1968. Éric Branca souligne que le dossier reste classifié secret défense, ce qui pour un accident ordinaire serait sans objet. Il présente cette affaire comme une question ouverte.

Les écoutes de l’Élysée révélées par Wikileaks

Éric Branca conclut sur les écoutes de présidents français par la CIA, révélées par Wikileaks. Ce qui retient son attention n’est pas tant le fait lui-même que l’absence de réaction officielle des gouvernements concernés. Il interprète ce silence comme le signe d’une dépendance intériorisée, où la protestation diplomatique n’est même plus envisagée.

L’avis du Souv

Éric Branca avance sur un terrain documenté mais inégalement solide. La démonstration sur les billets drapeau et l’AMGOT italien repose sur des faits établis. Les autres épisodes relèvent davantage de l’hypothèse ou de l’interprétation, ce que l’historien reconnaît lui-même.

Des faits établis, des hypothèses assumées

Sur la mort d’Ailleret, l’argument repose sur le maintien du secret défense, ce qui constitue un indice, pas une preuve. Branca le présente comme une question ouverte, mais le spectateur pressé pourrait en tirer des certitudes que l’historien ne formule pas. Sur les écoutes Wikileaks, l’analyse de la non-réaction française est pertinente, même si elle mériterait d’être confrontée aux contraintes diplomatiques du moment. L’entretien sera utile à qui veut comprendre la généalogie de la relation franco-américaine au-delà des discours convenus sur l’alliance atlantique.

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