Ce que dit cette vidéo
Philippe de Saint-Robert, ancien conseiller culturel du général de Gaulle, retrace sur la chaîne de l’Union Populaire Républicaine plusieurs décennies de renoncements français. L’entretien couvre trois axes : l’abandon du projet gaullien de participation économique, la dérive du Conseil constitutionnel vers un pouvoir de blocage non élu, et le recul du français dans les institutions internationales malgré le Brexit.
La participation gaullienne enterrée par le patronat et le PCF
Philippe de Saint-Robert expose le projet de participation tel que de Gaulle l’avait conçu : transformer les salariés en copropriétaires de leur entreprise, une troisième voie entre capitalisme et collectivisme. Il rappelle l’amendement Vallon, qui devait concrétiser cette ambition. Le projet s’est heurté à l’opposition conjointe du patronat, hostile au partage du capital, et du Parti communiste, attaché à la lutte des classes. Les successeurs du Général ont enterré cette option économique, aujourd’hui largement oubliée du débat public.
Le Conseil constitutionnel, de l’erreur Palewski à la saisine Giscard
Saint-Robert retrace la transformation du Conseil constitutionnel depuis la décision de 1971, qu’il attribue à une erreur de Gaston Palewski. L’ouverture de la saisine à soixante parlementaires sous Giscard a achevé de modifier la nature de l’institution. Philippe de Saint-Robert interroge la légitimité d’une instance de neuf membres non élus à bloquer des lois votées par la représentation nationale, posant la question de la compatibilité entre contrôle de constitutionnalité et souveraineté populaire.
L’anglais règne dans les institutions européennes après le Brexit
La question linguistique occupe une place centrale dans l’entretien. Saint-Robert évoque l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 et le musée inauguré par Emmanuel Macron dans le château éponyme, qu’il juge contradictoire avec l’usage de l’anglais par les dirigeants français dans les enceintes internationales. Il relève que la présidente de la Commission européenne, le président du Conseil européen et la présidente de la BCE, tous francophones, s’expriment en anglais alors que le Royaume-Uni a quitté l’Union. Il mentionne des évolutions inverses en Inde et en Chine, où l’anglais recule dans l’enseignement supérieur.
L’avis du Souv
L’entretien vaut par la mémoire directe de Philippe de Saint-Robert, témoin des arbitrages gaulliens et de leur abandon progressif. Son exposé sur la participation rappelle une option économique disparue du débat. Les observations sur l’anglais dans les institutions européennes post-Brexit reposent sur des faits vérifiables.
Une critique du Conseil constitutionnel à confronter
La critique du Conseil constitutionnel pose une question de fond sur la compatibilité entre contrôle de constitutionnalité et souveraineté populaire. L’argumentation de Saint-Robert mériterait toutefois d’être confrontée aux défenseurs de l’institution, qui invoquent la protection des libertés fondamentales contre les majorités de circonstance. Les signaux venus d’Inde et de Chine sur le recul de l’anglais sont intéressants mais auraient gagné à être davantage étayés par des sources précises.
