Caroline Galactéros est née le 10 octobre 1967. Docteure en science politique de l'Université Panthéon-Sorbonne, auditrice de l'Institut des hautes études de défense nationale, elle a construit un parcours qui articule la rigueur académique et l'expérience des milieux de défense, ayant servi comme colonelle dans la réserve opérationnelle des armées jusqu'en octobre 2022. Elle dirige depuis 2004 le cabinet de conseil en intelligence stratégique Planeting, enseigne à l'École de guerre et à HEC, et a exercé des responsabilités d'évaluation et de prospective stratégiques au sein du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, auprès des services du Premier ministre.
Son positionnement intellectuel s'inscrit explicitement dans une lecture réaliste des rapports de puissance. En 2018, elle fonde Geopragma, think tank qu'elle présente comme un pôle de géopolitique réaliste, dont la vocation est d'analyser les relations internationales à l'aune des intérêts nationaux concrets, en refusant les grilles idéologiques qui masquent les rapports de force réels. Cette démarche la conduit à critiquer régulièrement ce qu'elle perçoit comme une vassalisation de la politique étrangère française, notamment l'alignement sur les positions américaines et l'effacement de la capacité d'appréciation autonome de la France dans les crises internationales.
Ses écrits prolongent cette ligne. Dans Manières du monde, Manières de guerre, publié en 2013, elle interroge les ressorts culturels et stratégiques qui conditionnent les comportements des États. Son recueil de chroniques Vers un nouveau Yalta, paru en 2019, rassemble une décennie d'analyses géopolitiques dans lesquelles elle défend la nécessité pour la France de renouer avec une diplomatie d'indépendance, fondée sur la compréhension des intérêts en présence plutôt que sur des postures morales. Elle tient depuis 2014 une chronique régulière au Point, intitulée "État d'esprit, esprit d'État".
Pour Le Souv, Galactéros représente le type de la géopoliticienne française qui pense la puissance non comme une nostalgie historique mais comme un projet contemporain articulable, condition préalable d'une politique extérieure française qui ne soit ni la périphérie stratégique de Washington ni un supplément déclaratoire au projet européen.
Cette biographie vous a-t-elle été utile ?
Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)
Merci, c’est noté.
