Le 30 juin 2012, l’UNESCO a inscrit 353 éléments répartis sur 109 sites du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Ce n’est pas un monument : c’est un paysage entier, fabriqué par trois siècles de travail, terrils compris.

Cent mille kilomètres de galeries ont été creusées sous 1 200 km², soit plus de deux fois le tour de la Terre. À la fin des années 1980, le territoire comptait 1,2 million d’habitants, 31 % de la population régionale.

Pourquoi le bassin minier est inscrit à l’UNESCO

Tout commence par des affleurements de houille repérés dans le Boulonnais vers 1660. Le 3 février 1720, la première veine du bassin est découverte à la fosse Jeanne Colard. Le 24 juin 1734, on trouve la houille grasse à la fosse du Pavé, à Anzin. Après des procès, la Compagnie des mines d’Anzin est fondée le 19 novembre 1757.

  • Une exploitation intensive de la fin du XVIIe siècle à la fin du XXe, sur la partie occidentale d’un gisement qui se prolonge en Belgique.
  • Une accélération à partir des années 1830 : la révolution industrielle fait exploser la demande de charbon, les fosses s’ouvrent, les terrils montent, les corons apparaissent.
  • La catastrophe de Courrières, le 10 mars 1906, qui tue 1 099 personnes et entraîne de longues grèves puis une amélioration de la sécurité dans les mines.
  • Une reconstruction après la Première Guerre mondiale qui dure jusqu’au milieu des années 1920, marquée par l’arrivée de mineurs polonais et italiens.
  • La récession à partir du début des années 1960, puis la fermeture progressive des fosses.

La dernière gaillette est remontée le 21 décembre 1990. Les années 1990 sont marquées par la volonté d’effacer les traces du passé ; les années 2000, au contraire, par une prise de conscience de la valeur de ce patrimoine bâti et naturel. De nombreux vestiges sont classés ou inscrits aux monuments historiques en 2009 et 2010, avant l’inscription à l’UNESCO en 2012.

Le bassin minier en images

Que voir dans le bassin minier

Le bassin ne se visite pas comme un château. On y circule, d’un chevalement à un terril, d’une cité minière à un carreau de fosse.

  • Le site des fosses 11 et 19, à Loos-en-Gohelle, avec son chevalement et sa tour d’extraction.
  • La fosse Arenberg, à Wallers, et ses trois chevalements.
  • Le Centre historique minier de Lewarde, ouvert au public en 1984, installé sur une ancienne fosse.
  • Les terrils, dont certains sont devenus des réserves de biodiversité et se gravissent à pied.
  • Les corons et les cités minières, avec leurs écoles, leurs églises et leurs jardins.

C’est ce que l’UNESCO a retenu : non pas des bâtiments isolés, mais la cohérence d’un territoire où l’habitat, le travail, le relief et même la végétation portent la marque d’une seule activité.

Le saviez-vous ? Les terrils, ces collines de stériles autrefois considérées comme des verrues, sont aujourd’hui parmi les milieux les plus riches de la région. Leur substrat sombre emmagasine la chaleur et abrite des espèces qu’on ne trouve pas ailleurs dans le nord de la France.

Quand visiter le bassin minier

Toute l’année. Les terrils se montent par temps sec ; la vue depuis les jumeaux de Loos-en-Gohelle porte loin sur la plaine.

Compter une journée entière pour combiner un carreau de fosse, un terril et le musée de Lewarde.

Comment se rendre dans le bassin minier

Le bassin s’étend sur 1 200 km² dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, soit 9,5 % de la superficie de l’ancienne région Nord-Pas-de-Calais.

Lens, Douai, Valenciennes et Béthune servent de portes d’entrée. La voiture reste le plus pratique pour passer d’un site à l’autre.

À voir dans les environs

La citadelle d’Arras, l’un des douze sites Vauban inscrits à l’UNESCO, est au cœur du même département.

La cathédrale d’Amiens et la cathédrale de Beauvais complètent le tableau des Hauts-de-France. Pour l’autre grand site industriel français, voir la saline royale d’Arc-et-Senans.

Ressources

Deux vidéos sur le bassin minier et son inscription au patrimoine mondial.

Questions fréquentes sur le bassin minier

Parce qu’il constitue un paysage culturel cohérent, façonné par trois siècles d’extraction. Le 30 juin 2012, 353 éléments répartis sur 109 sites ont été inscrits au patrimoine mondial.

Le 3 février 1720, à la fosse Jeanne Colard. La houille grasse fut trouvée le 24 juin 1734 à la fosse du Pavé, à Anzin.

La dernière gaillette a été remontée le 21 décembre 1990, à la fosse de service n° 9 – 9 bis.

Un coup de poussier survenu le 10 mars 1906, qui a tué 1 099 personnes. Elle a provoqué de longues grèves et une amélioration de la sécurité dans les mines.

1 200 km² dans le Nord et le Pas-de-Calais, avec cent mille kilomètres de galeries creusées, soit plus de deux fois le tour de la Terre.

Oui, plusieurs terrils sont aménagés et se gravissent à pied. Beaucoup sont devenus des milieux naturels remarquables.

Au Centre historique minier de Lewarde, installé sur une ancienne fosse et ouvert au public en 1984.

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