Beauvais détient un record que personne n’a jamais repris : 48,50 m sous voûte, la plus haute de tout l’art gothique. Et une leçon : ses concepteurs voulaient dépasser Amiens, ils ont construit deux fois trop haut, et l’édifice s’est effondré deux fois.
Il n’en reste que le chœur et le transept. Aucune nef n’a jamais été bâtie. C’est la plus célèbre cathédrale inachevée de France, et son chantier est contemporain de ceux d’Amiens, de Bourges, de Chartres, de Metz et de Reims.

Pourquoi la cathédrale de Beauvais est restée inachevée
Le chœur est achevé vers 1260, et le 3 octobre 1272 on y chante les vêpres. Mais l’édifice dépasse la hauteur du plateau picard voisin : il offre une prise au vent que ses bâtisseurs n’avaient pas anticipée.
- Un vendredi de novembre 1284, une tempête fait probablement s’effondrer une partie des voûtes sur les travées droites, une faiblesse de la deuxième pile rompant l’arc-boutant supérieur.
- L’abside, renforcée par sa structure en arc, résiste ; la charpente reste en place et fait pont entre l’abside et le côté ouest.
- En 1550, le chapitre choisit de bâtir une tour-lanterne plutôt que la nef, sans doute pour que la cathédrale se voie de loin comme ses voisines.
- Le chantier démarre en avril 1563 sous la direction de Jean Vast ; la tour est achevée en 1569, surmontée d’une flèche de pierre et d’une croix de fer culminant à 153 m.
- De 1569 à 1573, Beauvais est l’édifice le plus haut de la chrétienté. Puis la tour s’effondre : elle reposait sur un vide immense, portée par les quatre piliers légers de la croisée du transept, qui lui préexistaient.
Après 1573, la nef ne sera jamais construite. Beauvais reste ce qu’elle est aujourd’hui : un chœur et un transept démesurés, refermés par un mur provisoire devenu définitif.
Beauvais en images



Que voir à la cathédrale de Beauvais
La visite se fait sous la voûte la plus haute du gothique. L’impression de verticalité est sans équivalent en France, et la brutalité de l’interruption à l’ouest se lit immédiatement.
- Le chœur, voûté à 48,50 m, plus haut que celui d’Amiens.
- Le transept, seule autre partie construite, avec ses deux portails.
- L’horloge astronomique, dont les vitres ont volé en éclats au bombardement du 6 juin 1940.
- Les arcs-boutants extérieurs, dont la multiplication raconte les reprises successives.
- Les étais et les tirants posés pour tenir l’édifice, visibles dans le transept.
Le 6 juin 1940, six bombes allemandes sont tombées sur la cathédrale sans exploser. La sacristie fut détruite et les vitraux restés en place volèrent en éclats. Les panneaux figurés avaient été démontés à temps et mis à l’abri au château de Carrouges, dans l’Orne.
Le saviez-vous ? Dans les années 1960, les derniers tirants de fer, jugés inesthétiques et inutiles, ont été retirés. Vingt ans plus tard, des fissures apparaissaient et s’amplifiaient, au point que la fermeture de l’édifice a été envisagée au milieu des années 1990.
Quand visiter la cathédrale de Beauvais
Toute l’année. L’édifice fait l’objet d’un chantier de consolidation mené par l’État : selon les périodes, certaines parties peuvent être inaccessibles.
Comptez une heure. La démesure du chœur se comprend mieux si l’on a vu Amiens avant ou après.
Comment se rendre à la cathédrale de Beauvais
La cathédrale est au centre de Beauvais, dans l’Oise, en région Hauts-de-France.
Beauvais est à environ 1 h 15 de Paris en train depuis la gare du Nord. La cathédrale est à quelques minutes à pied de la gare.
À voir dans les environs
La cathédrale d’Amiens est à une heure de route au nord : c’est elle que Beauvais voulait dépasser, et la comparaison sur place vaut tous les commentaires.
Dans les Hauts-de-France, la citadelle d’Arras montre l’autre bout du savoir-faire français en construction. Pour le gothique, voir aussi Chartres, Reims et Bourges.
Ressources
Deux vidéos sur cette cathédrale et son chantier.
Questions fréquentes sur la cathédrale de Beauvais
Sa voûte culmine à 48,50 m : c’est la plus haute de tout l’art gothique.
Parce que le chantier a été arrêté par deux effondrements, en 1284 puis en 1573. Seuls le chœur et le transept ont été construits.
Un vendredi de novembre, une tempête a probablement provoqué l’effondrement d’une partie des voûtes sur les travées droites, une faiblesse de la deuxième pile ayant rompu l’arc-boutant supérieur.
Oui, de 1569 à 1573. Sa tour-lanterne, surmontée d’une flèche de pierre et d’une croix de fer, culminait à 153 m.
Elle reposait au-dessus d’un gigantesque espace vide, portée uniquement par les quatre piliers particulièrement légers de la croisée du transept, qui lui préexistaient.
Elle fait l’objet d’une surveillance et d’un chantier de consolidation. Le retrait des derniers tirants de fer dans les années 1960 avait provoqué des désordres, puis des fissures vingt ans plus tard.
Le 6 juin 1940, six bombes allemandes sont tombées dessus sans exploser. La sacristie a été détruite et les vitraux restés en place brisés. Les panneaux figurés avaient été mis à l’abri au château de Carrouges.
