Toutes les grandes cathédrales gothiques françaises ont un transept, ces deux bras qui coupent la nef en croix. Bourges n’en a pas. C’est un cas exceptionnel en France, et ce n’est pas un accident : ses bâtisseurs cherchaient un espace intérieur unifié, d’un seul tenant du portail à l’abside.

Construite entre la fin du XIIe et la fin du XIIIe siècle, consacrée le 13 mai 1324, classée monument historique sur la liste de 1862, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992.

Pourquoi la cathédrale de Bourges est un cas à part

Le site est chrétien depuis le IIIe siècle, à l’époque où la ville romaine d’Avaricum abritait la première communauté chrétienne de Gaule. Quatre édifices s’y sont succédé. Tout part d’une donation faite en 1195 par Henri de Sully, archevêque de Bourges, pour remplacer une cathédrale romane jugée trop petite.

  • Pas de transept : cas exceptionnel en France pour une cathédrale gothique.
  • Un plan repris de Notre-Dame de Paris, avec double déambulatoire, mais sans transept ni tribunes.
  • Une parenté qui s’explique peut-être par les liens de famille entre Henri de Sully, archevêque de Bourges, et Odon de Sully, évêque de Paris.
  • Une ville dans le domaine royal depuis le rachat des vicomtés de Bourges et de Dun par Philippe Ier en 1101, ce qui a permis d’agrandir l’édifice vers l’est en franchissant le rempart gallo-romain.
  • Des cryptes monumentales successives, érigées par saint Ursin au IIIe siècle, saint Palais au IVe et Raoul de Bourges au IXe.

La première cathédrale romane fut bâtie au début du XIe siècle par Gauzlin, archevêque de sang royal et frère de Robert II le Pieux. Bourges se trouvait alors à la limite sud du domaine royal, à quelques lieues de l’Aquitaine : son archevêque portait le titre de primat.

Bourges en images

Que voir à la cathédrale de Bourges

L’intérieur frappe d’abord par sa continuité. Sans transept pour interrompre le regard, la nef, ses collatéraux et le double déambulatoire forment un seul volume étagé.

  • La voûte de la nef, dont le faîte du toit culmine à 47,60 m.
  • Le double déambulatoire, avec un collatéral intérieur voûté à 21,30 m et un collatéral extérieur à 9,50 m.
  • La grande rosace de 9 m de diamètre et le Grand Housteau, la baie occidentale de 150 m².
  • Les vitraux, les tympans et les sculptures, qui font une bonne part de la réputation de l’édifice.
  • La crypte, dont les piliers de 2,10 m de diamètre s’élèvent à 3,60 m.
  • Les deux tours dissymétriques : la tour Nord dite de Beurre, 65 m, et la tour Sud dite Sourde, 53 m.

La cathédrale couvre 5 900 m². Comme toutes celles construites avant la séparation des Églises et de l’État, elle appartient aujourd’hui à l’État français.

Le saviez-vous ? La façade occidentale de la cathédrale figure dans les Très Riches Heures du duc de Berry, au folio 137, dans une scène de présentation de Marie au Temple peinte vers 1485-1486 par le Berrichon Jean Colombe.

Quand visiter la cathédrale de Bourges

Toute l’année. Une cathédrale se lit à la lumière : une matinée claire donne les vitraux, une fin de journée donne la façade occidentale.

La visite du centre historique de Bourges, secteur sauvegardé depuis 1965, se fait dans la foulée.

Comment se rendre à la cathédrale de Bourges

La cathédrale est au cœur de Bourges, dans le Cher, en région Centre-Val de Loire.

La gare de Bourges est à une vingtaine de minutes à pied. Le stationnement se fait en périphérie du secteur sauvegardé.

À voir dans les environs

Bourges ouvre le sud de la région. En remontant vers la Loire, on trouve Chambord, le château royal de Blois et Cheverny.

Pour poursuivre sur le gothique, la cathédrale de Chartres garde ses vitraux du XIIIe siècle, Reims a vu les sacres et Amiens offre le plus grand volume gothique de France.

Ressources

Deux vidéos pour découvrir l’édifice et ses vitraux.

Questions fréquentes sur la cathédrale de Bourges

Ses bâtisseurs cherchaient un espace intérieur unifié. Le plan reprend celui de Notre-Dame de Paris avec son double déambulatoire, mais supprime le transept et les tribunes. C’est un cas exceptionnel en France pour une cathédrale gothique.

Entre la fin du XIIe et la fin du XIIIe siècle. Le point de départ est une donation d’Henri de Sully au chapitre en 1195. Elle est consacrée le 13 mai 1324.

Oui, elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial depuis 1992, et classée monument historique par la liste de 1862.

La tour Nord, dite de Beurre, s’élève à 65 m ; la tour Sud, dite Sourde, à 53 m. La dissymétrie fait partie du visage de l’édifice.

5 900 m² de superficie, un faîte de toit de nef à 47,60 m, une rosace de 9 m de diamètre et un Grand Housteau de 150 m².

À l’État français, comme toutes les cathédrales construites avant la séparation des Églises et de l’État.

Les piliers, de 2,10 m de diamètre pour 3,60 m de haut. Le site a porté des cryptes monumentales successives depuis le IIIe siècle.

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