Les autres châteaux de la Loire empilent les siècles et les styles. Cheverny, non : il a été bâti d’un seul élan au XVIIe siècle, dans un classicisme rigoureux, et il n’a pratiquement pas bougé depuis.

Sa façade blanche est l’une des plus connues de France sans que beaucoup sachent pourquoi : c’est elle qui a servi de modèle à Hergé pour le château de Moulinsart, dont il n’a retiré que les deux pavillons des extrémités.

Pourquoi Cheverny ne ressemble à aucun autre château de la Loire

Le domaine appartient à la famille Hurault depuis la seconde moitié du XIVe siècle, quand Jean Hurault reçoit les terres avec leurs maisons, pressoirs et vignes. Le château actuel est dessiné par Jacques Bougier, architecte d’une partie du château de Blois, et les bâtiments sont terminés en 1634.

  • Un parti pris classique assumé : symétrie stricte, pierre blanche, aucune surcharge décorative.
  • Une famille propriétaire depuis le XVIe siècle, celle des marquis de Vibraye, qui y réside encore.
  • Des intérieurs d’époque conservés, dont la salle d’armes et les salons.
  • Dix-sept statues avaient été commandées pour le jardin à la française au sculpteur Gilles Guérin, qui travailla aussi à Versailles et à Fontainebleau. Elles ont disparu depuis.
  • Un classement au titre des monuments historiques.

Les bâtisseurs n’en ont guère profité. Les bâtiments sont achevés en 1634, mais la comtesse Marguerite Gaillard meurt en 1635 et le comte Henri Hurault en 1648. De leurs sept enfants ne subsistent que deux filles, et c’est l’une d’elles, Cécile-Élisabeth Hurault, qui rachète en 1654 la part de sa sœur pour garder le domaine entier.

Cheverny en images

Que voir à Cheverny

La visite est celle d’une maison habitée, pas d’un monument vidé de ses meubles. C’est ce qui fait la différence avec les grands châteaux royaux du voisinage.

  • La façade classique, symétrique, en pierre blanche.
  • La salle d’armes et les salons meublés.
  • Les appartements privés, encore occupés par la famille.
  • Le chenil et sa meute, tradition de chasse toujours vivante en Sologne.
  • L’exposition permanente consacrée à l’œuvre d’Hergé, dans un bâtiment jouxtant le chenil, avec décors reconstitués et maquettes.
  • Le parc et les jardins.

Cheverny est le troisième château de la Loire le plus fréquenté, avec plus de 350 000 visites par an, et le deuxième parmi les châteaux privés, derrière Chenonceau.

Le saviez-vous ? Moulinsart est Cheverny amputé de ses ailes. Hergé a repris la façade du château presque trait pour trait, en supprimant simplement les deux pavillons des extrémités. Le château apparaît pour la première fois dans Le Secret de La Licorne, avant d’être racheté par le professeur Tournesol dans Le Trésor de Rackham le Rouge.

Quand visiter Cheverny

Le château se visite toute l’année. Le printemps et l’été ajoutent le parc et les jardins, qui prolongent agréablement la visite des intérieurs.

Cheverny se combine facilement avec Chambord et Blois, tous deux à quelques kilomètres : c’est la journée classique du Val de Loire.

Comment se rendre à Cheverny et où se garer

Le château se trouve sur la commune de Cheverny, en Sologne, dans le Loir-et-Cher, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Blois.

Un parking dessert le domaine. Comptez deux heures pour le château, le chenil et l’exposition Hergé.

À voir dans les environs

La Sologne et le Val de Loire se visitent ensemble. Apremont-sur-Allier aligne ses maisons fleuries au bord de l’eau, et Sancerre domine son vignoble plus à l’est.

Les châteaux voisins forment un circuit évident : Chambord et Blois à quelques kilomètres, puis Chaumont-sur-Loire, Amboise et Chenonceau en descendant la Loire.

Ressources

Deux vidéos pour découvrir le château et le lien qui l’unit à Moulinsart.

Questions fréquentes sur le château de Cheverny

Oui. Hergé a repris la façade de Cheverny pour créer le château de Moulinsart, en la privant de ses deux pavillons d’extrémité. Une exposition permanente est consacrée à ce lien au château.

Au XVIIe siècle : les bâtiments sont terminés en 1634. Il a été dessiné par Jacques Bougier, architecte d’une partie du château de Blois.

À la famille des marquis de Vibraye, dont il est la résidence depuis le XVIe siècle. Les appartements privés sont toujours occupés.

Parce qu’il a été bâti d’un seul tenant au XVIIe siècle, dans un style rigoureusement classique, là où la plupart de ses voisins superposent le médiéval, le gothique flamboyant et la Renaissance.

Plus de 350 000 par an. C’est le troisième château de la Loire le plus fréquenté, et le deuxième parmi les châteaux privés, derrière Chenonceau.

Oui, le château conserve un chenil et sa meute, dans la tradition de chasse solognote.

En Sologne, dans le Loir-et-Cher, tout près des châteaux de Chambord et de Blois.

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