Ce n’est pas un château, ce sont trois. Sur trois cents mètres d’éperon rocheux au-dessus de la Vienne, le fort Saint-Georges, le château du Milieu et le fort du Coudray se succèdent, chacun avec sa propre enceinte, séparés par des douves sèches creusées sur ordre de Philippe Auguste.
Les rois disaient d’ailleurs leurs trois châteaux, et la ville les a mis sur ses armoiries sous la forme de trois tours. Chinon fut la capitale continentale d’un empire qui s’étendait des Pyrénées à l’Écosse.

Pourquoi Chinon fut la capitale continentale des Plantagenêt
Henri II Plantagenêt est désigné héritier de la couronne d’Angleterre le 6 novembre 1153 par le traité de Wallingford. Son territoire va alors des Pyrénées à l’Écosse, et il lui faut un point d’ancrage sur le continent. Ce sera Chinon. C’est de cette époque que la forteresse prend les dimensions qu’on lui connaît.
- Une position qui contrôlait le passage de la Vienne et la voie de Tours au Loudunais.
- Trois châteaux indépendants séparés par des douves sèches, autrefois franchies par des ponts-levis.
- Un site occupé dès le début de l’âge du fer : les fouilles ont mis au jour, à l’emplacement du fort Saint-Georges, la demeure d’un aristocrate guerrier gaulois.
- La fin de la suprématie angevine en 1205, quand Philippe Auguste conquiert la place.
- Le logis royal du château du Milieu, où la reine résida plus de vingt-cinq ans, de 1435 à 1461, et fit réaliser de nombreux aménagements.
Chinon a vu passer deux épisodes majeurs de l’histoire de France. Entre le 18 et le 20 août 1308, la forteresse est le théâtre d’un moment clé du procès de l’ordre du Temple, dans le bras de fer entre Philippe le Bel et le pape Clément V. Un siècle plus tard, alors que le dauphin Charles s’est exilé à Bourges après la prise de Paris par les Anglais, c’est ici que Jeanne d’Arc vient le trouver.
Chinon en images



Que voir à la forteresse de Chinon
On parcourt les trois châteaux d’ouest en est, en franchissant les anciens fossés. La promenade sur les remparts donne la meilleure vue sur la Vienne et sur les toits de la vieille ville, en contrebas.
- Le fort Saint-Georges, à l’est, première défense de l’éperon.
- Le château du Milieu, cœur du dispositif, avec les principaux logis.
- Le logis royal et ses aménagements du XVe siècle.
- Le fort du Coudray, à l’ouest, lié à l’épisode templier.
- Le prieuré Saint-Melaine et les vestiges de la chapelle.
- Les douves sèches creusées à l’instigation de Philippe Auguste, aujourd’hui franchies par des ponts.
La forteresse domine une agglomération qui s’est rangée au pied de la falaise, autour du pont. Le contraste entre la ligne de défense sur la crête et la ville en contrebas explique mieux que tout le choix du site.
Le saviez-vous ? Les trois tours qui figurent sur les armoiries de Chinon ne sont pas une image décorative : elles représentent les trois châteaux de la forteresse, que les rois appelaient littéralement leurs trois châteaux.
Quand visiter Chinon
La forteresse se visite toute l’année. Le printemps et l’automne donnent les plus belles lumières sur la vallée de la Vienne, et les remparts se parcourent alors sans chaleur excessive.
La visite se complète bien par la vieille ville de Chinon, en contrebas, et par le vignoble qui porte le nom de la commune.
Comment se rendre à la forteresse de Chinon et où se garer
La forteresse se dresse sur un éperon rocheux au-dessus de Chinon, en Indre-et-Loire, à une quinzaine de kilomètres du confluent de la Vienne et de la Loire.
On monte depuis la ville basse à pied, ou par l’ascenseur qui relie le quartier ancien à l’éperon. Comptez deux heures pour parcourir les trois châteaux.
À voir dans les environs
La confluence est toute proche. Candes-Saint-Martin veille sur la rencontre de la Vienne et de la Loire, Montsoreau pose son château les pieds dans l’eau, et Fontevraud-l’Abbaye garde la nécropole des Plantagenêt.
Les châteaux de la Loire s’enchaînent en remontant le fleuve : Azay-le-Rideau et les jardins de Villandry d’abord, puis Chenonceau et Amboise.
Ressources
Deux vidéos pour parcourir les trois châteaux et leur histoire.
Questions fréquentes sur la forteresse royale de Chinon
Parce que la forteresse est composée de trois ensembles distincts, chacun avec sa propre enceinte : le fort Saint-Georges, le château du Milieu et le fort du Coudray. Les rois les appelaient ainsi, et les armoiries de la ville les représentent par trois tours.
Oui. Après la prise de Paris par les Anglais en 1419, le dauphin Charles s’était exilé à Bourges ; c’est à Chinon que Jeanne d’Arc vient le trouver.
Entre le 18 et le 20 août 1308, Chinon fut le théâtre d’un épisode important du procès de l’ordre du Temple, dans le conflit qui opposait Philippe le Bel au pape Clément V.
Pour en faire sa capitale continentale. Désigné héritier de la couronne d’Angleterre en 1153, il régnait sur un territoire allant des Pyrénées à l’Écosse et avait besoin d’un point d’ancrage sur le continent.
En 1205, quand le roi de France Philippe Auguste conquiert la place, mettant fin à la suprématie angevine.
Environ trois cents mètres, le long de l’éperon rocheux qui domine la Vienne.
Très. L’occupation humaine est attestée dès le début de l’âge du fer, et les fouilles ont révélé à l’emplacement du fort Saint-Georges la demeure d’un aristocrate guerrier gaulois.
