Le 6 décembre 1491, à sept heures du matin, Charles VIII épouse Anne de Bretagne au château de Langeais. La duchesse a quatorze ans. Ce mariage signe la fin de l’indépendance du duché de Bretagne, une quarantaine d’années avant son rattachement définitif à la couronne.
Louis XI avait fait reconstruire l’édifice à partir de 1465 ; il est achevé en 1469. Très bien conservé et peu remanié depuis, il domine la Loire à une vingtaine de kilomètres en aval de Tours.

Pourquoi Langeais compte dans l’histoire de France
Langeais est d’abord une position. Dès le Xe siècle, l’éperon rocheux entre la Loire et son affluent la Roumer commande la route de la rive droite, à la frontière du comté d’Anjou et du comté de Blois. En 994, Foulques Nerra, comte d’Anjou, s’en empare dans sa marche vers la Touraine et y fait bâtir un ouvrage fortifié.
- Un des tout premiers donjons de pierre conservés en France, avec l’aula de Doué-la-Fontaine transformée en tour maçonnée à partir de 950.
- Une forteresse de plan carré, sur deux étages, doublée d’une enceinte fortifiée et d’un fossé sec creusé à l’arrière contre les machines de siège.
- Un château neuf voulu par Louis XI à partir de 1465, bâti en contrebas des vestiges de l’ancien, sous la direction de Jean Bourré et de Jean Briçonnet, achevé en 1469.
- Le mariage royal du 6 décembre 1491, qui met fin à l’indépendance du duché de Bretagne.
- Un domaine resté propriété de la couronne jusqu’au règne de Louis XIII.
Pillé et abandonné à la Révolution puis au début du XIXe siècle, le château est remis en état à partir de 1833. Le 28 juillet 1886, le banquier mulhousien Jacques Siegfried l’achète, le restaure et le remeuble pendant vingt ans, puis le donne à l’Institut de France le 22 mars 1904. C’est à lui que l’on doit l’intérieur que l’on visite aujourd’hui.
Langeais en images



Que voir au château de Langeais
Langeais est construit à la charnière du Moyen Âge et de la Renaissance. Côté ville, c’est encore une place forte ; côté jardin, la façade ouest montre déjà un décor Renaissance.
- Le pont-levis, toujours en fonction, les mâchicoulis et le chemin de ronde.
- Les cheminées monumentales finement sculptées, uniques en France à l’exception de celles du château de Bourges.
- Quinze salles meublées et décorées, dont la salle des Preux et sa collection de tapisseries.
- La salle du mariage, où la scène du 6 décembre 1491 est reconstituée.
- Les vestiges du donjon de Foulques Nerra, dans le parc, en surplomb du château neuf.
Le parc conserve un échafaudage médiéval en bois avec ses engins de levage, monté dans le style de l’époque : une bonne façon de comprendre comment on bâtissait une tour au XIe siècle.
Le saviez-vous ? Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château a servi de dépôt d’archives d’État : le ministère des Affaires étrangères y avait replié des documents et du personnel en septembre 1939.
Quand visiter le château de Langeais
La visite se fait pour l’essentiel à l’intérieur, dans des salles meublées : Langeais est l’un des châteaux de la Loire qui se défend le mieux un jour de pluie.
Comptez une heure et demie à deux heures avec le parc et le donjon. La vue sur la Loire depuis les remparts vaut le détour par beau temps.
Comment se rendre au château de Langeais
Le château est au cœur de Langeais, en Indre-et-Loire, à une vingtaine de kilomètres en aval de Tours, sur la rive droite de la Loire.
La gare de Langeais est à quelques minutes à pied de l’entrée, sur la ligne Tours-Saumur.
À voir dans les environs
Le château et les jardins de Villandry sont à une dizaine de kilomètres en amont, et le château d’Azay-le-Rideau à une quinzaine au sud, sur l’Indre.
En descendant la Loire, on rejoint la forteresse royale de Chinon et le château de Saumur ; en remontant, Chenonceau, Amboise et Chambord.
Ressources
Deux vidéos pour découvrir le château et le mariage royal de 1491.
Questions fréquentes sur le château de Langeais
Charles VIII y a épousé Anne de Bretagne, à sept heures du matin. La duchesse avait quatorze ans, et ce mariage a mis fin à l’indépendance du duché de Bretagne.
Louis XI en a ordonné la reconstruction à partir de 1465. Les travaux, dirigés par Jean Bourré et Jean Briçonnet, s’achèvent en 1469.
Les vestiges du donjon de pierre élevé après la prise de Langeais en 994, dans le parc, en surplomb du château du XVe siècle. C’est l’un des tout premiers donjons de pierre conservés en France.
Très peu. C’est ce qui fait sa valeur : pont-levis, mâchicoulis, chemin de ronde et hautes toitures sont ceux de la fin du Moyen Âge. Seule la façade ouest, côté jardin, montre un décor Renaissance.
À l’Institut de France, à qui Jacques Siegfried l’a donné le 22 mars 1904 après l’avoir acheté en 1886 et restauré pendant vingt ans.
Quinze salles meublées et décorées, dont la salle des Preux et sa collection de tapisseries.
Il est classé au titre des monuments historiques et se trouve dans le périmètre du Val de Loire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
